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Édition spéciale

Publié le 17 avril 2026 par Alexcessif
Édition spéciale

Ioconda et vent contraire. 

@à la une 

Une jeune inconnue arrive à Paris. Elle envoie quatre manuscrits par la poste, reçoit quatre propositions d’éditeurs majeurs sur la place de Paris, souscrit à l’une et la rencontre se fait dans une bâtisse vieillotte de la rue des Saint Pères. En haut d’un escalier branlant au bout d’un couloir poussiéreux un homme l’attend. Nous sommes chez Grasset et l’homme c’est Olivier Nora.

A quelques années de là un béotien rachète la Joconde et la repeint en vert. Parce que c’est un béotien, qu’il aime le vert et parce que la Joconde lui appartient désormais. Version courte: il vire Olivier Nora le chasseur de tête de cette chasse privée

Pendant que certains se pinçaient les fesses dans les cocktails l'autre construisait un empire. Affirmer que personne n'a vu venir Bolloré alors que le loup est entré dans le Paris de l'édition depuis belle luronne est une belle fumisterie

Le Bottin mondain s’affole. Il s’indigne. Ils sont LA littérature! Ils sont LA culture. Ils sont le pouvoir … en passe de le perdre. Il ne suffira pas de se couper une mèche de cheveux par solidarité avec les femmes afghanes comme le fit une actrice oubliée sur son compte Instagram, il faut une pétition avec le volume sonore d’une jacquerie de bourgeois bien nourris mais indignés. 

Nora est un grand homme qui donne sa chance à des écrivaines anonymes jeunes et jolies. Les frères Grimm doivent tout à Walt Disney et la littérature française doit tout aux comptes de faits. 

Tout ces gens invités à la garden party du 14 juillet récipiendaires ou impétrants de la légion d’honneur se moquent bien de la couleur du locataire de l'Élysée. Ils savent que le talent n’est rien sans le réseau et ses médailles en chocolat, qu’un prix prestigieux échappe rarement à GalliGrasSeuil. 

On croiserait la pétition des 115 avec la liste des initiés invités aux bulles LVMH et Knackies Herta sur la pelouse du Faubourg Saint Honoré on en trouverait qui ont ciré les pompes de Sarkozy, un collègue écrivain promu par … Bolloré

Alors c’est la panique sur fond de rigueur morale car, à part l’extrême droiture et la bondieuserie bretonne, l’homme qui a mit la main sur l’édition française, est des leurs, leurre parmi les leurres d’une démocratie illusoire qui doit tout au flux financier. Cette main qui les étranglera c’est la main qui signe les chèques. Nul doute qu’il piétinera l’herbe de la liberté réputée ne jamais repousser après son passage Attila 2.0 mais, parmi les révolutionnaires sapés chez Arnys, je n’en vois pas un qui mettra la tête de Bolloré au bout d’une pique après un déjeuner chez Drouant 

Bien sûr quelques commensaux que personne ne lit plus quittent le festin drapés dans la nappe et la dignité mais nous les verrons bientôt sous la table des talk show Bolloréen à ramasser les miettes. 

Littérature & 13 ème mois, 7ème art & artichauts bretons, quand il entend le mot “culture“ Vincent fait flamber la CB

P.S: à propos de Bolloré et de l'extrême droite les plus rancuniers se souviendront de Bernard Grasset " le führer de l'édition" condamné à la libération pour son comportement pendant l'occupation. Gallimard  et d’autres — seul Jean Bruller prenait le risque d’aller sans ausweis chez l’imprimeur à vélo déposer le manuscrit du “Silence de la mer“. Nous sommes désormais libre ou plus exactement soumis à une autre oppression. Celle du plus fort remplacée par celle du plus riche. Un autre version du pouvoir. Rien ne s’oppose à celui qui s’est donné les moyen d’acheter ce qui est à vendre et, une fois le bien — ou mal — acquit rien ne s’oppose à ce que le propriétaire change les meubles de place car à ce niveau de puissance ceux qui furent rois sont des pions ainsi que les autres pièces de l’échiquier.

Les gens en place détenteurs de la morale défendent leurs privilèges plutôt qu’un idéologie. L’indignation bruyante est une stratégie pour faire monter les enchères 


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