En compétition officielle sur la Croisette, le cinéaste américain revient à ses premiers amours : Brooklyn, la mafia russe et les liens familiaux.
Article d’Annabel Mora pour Still magazine.
Chouchou de la Croisette, souvent nommé mais jusqu’ici reparti bredouille, James Gray fait son grand retour en compétition officielle. Avec “Paper Tiger”, le réalisateur ne cherche pas à réinventer la roue : il polit son cinéma jusqu’à l’épure, nous plongeant instantanément dans ce qu’il sait faire de mieux. Du James Gray pur jus, sombre, mélancolique et d’une maîtrise formelle absolue.

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" data-image-meta="{" width="689" data-comments-opened="1" aperture="aperture" />Le retour aux sources : Brooklyn et les liens du sang
Pour comprendre “Paper Tiger”, il faut remonter le fil du temps. Ce nouveau long-métrage résonne comme un écho direct à ses chefs-d’œuvre passés : on pense immédiatement à “Little Odessa”, son tout premier film sorti il y a 32 ans, ou encore à la noirceur étouffante de “La nuit nous appartient” (2007).
Le décor ? Son Brooklyn fétiche. L’intrigue suit la trajectoire de deux frères en quête du rêve américain. Mais chez James Gray, le rêve vire rapidement au cauchemar. Pris au piège dans un engrenage criminel dicté par la mafia russe, le duo voit leur famille menacée. On retrouve ici les obsessions majeures du cinéaste : la fatalité implacable, le poids des non-dits, la culpabilité dévorante et cette idée terrible de la « famille-piège ».
Un casting de haute volée
Pour porter ce film, le réalisateur s’est entouré d’une distribution de haut niveau. Le film marque notamment les retrouvailles entre Adam Driver et Scarlett Johansson, qui n’avaient pas partagé l’affiche depuis “Marriage Story” (2019), rejoints pour l’occasion par Miles Teller.
Si l’alchimie globale fonctionne à merveille, on émettra toutefois un léger bémol sur le traitement du personnage incarné par Scarlett Johansson, trop survolé, ou au contraire pas assez assumé, son rôle manque d’équilibre par rapport aux autres rebonds narratifs du film.
En route vers la Palme d’Or ?
Si ce film à suspense coche toutes les cases du cinéma de James Gray, on peut se demander s’il aura les épaules assez solides pour séduire le jury et décrocher la récompense suprême.
On vous tiendra au courant, ce samedi 23 mai, lors de la cérémonie de clôture de ce 79e Festival de Cannes.
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