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Les Français pensent que vapoter est plus dangereux que fumer

Publié le 19 juin 2026 par Nicolas

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Les Français auraient-ils tout faux ? C’est ce que laissent à penser les résultats d’un sondage commandé par la FIVAPE sur la perception du tabagisme et du vapotage en France. Pour beaucoup, vapoter serait aussi risqué que fumer, voire plus risqué encore. Pourtant, c’est bel et bien l’inverse : la vape n’est pas sans danger, mais elle reste moins risquée que le tabac.

Un sondage révèle la perception des Français sur la vape

Cela fait plus d’une dizaine d’années que la cigarette électronique se répand au sein de la population française, notamment chez les fumeurs qui veulent faire leur sevrage tabagique. La FIVAPE, la filière française de la vape, s’est interrogée sur l’opinion des Français sur le tabagisme et le vapotage. Surprise, en 2026, la majorité des Français ne perçoit pas clairement la différence de danger entre fumer et vapoter !

Le chiffre le plus marquant est celui-ci : 58 % des personnes interrogées considèrent que vapoter ne réduit pas les risques par rapport au fait de fumer. En 2025, elles étaient 53 %. La progression de cinq points en seulement un an montre que la perception du vapotage se dégrade. Plus surprenant encore, 15 % des Français pensent désormais que vapoter est plus dangereux que fumer, alors que c’est totalement faux.

Voici les chiffres clefs à retenir du sondage de la FIVAPE :

  1. En 2025, 53 % des Français pensaient que vapoter n’était pas moins dangereux que fumer.
  2. En 2026, 58 % des Français pensent que vapoter ne réduit pas les risques par rapport au tabac.
  3. 15 % des Français pensent même que vapoter est plus dangereux que fumer.
  4. Chez les 18-24 ans, 33 % estiment que vapoter est plus risqué que fumer.
  5. Cette perception progresse alors même que le tabac fumé reste associé à des risques sanitaires bien plus lourds.

Les Français pensent que la nicotine est cancérigène

Un autre point important que soulève le sondage commandé par la FIVAPE est que la confusion des risques ne concerne pas seulement la vape. Elle touche aussi la nicotine. Selon le sondage, 80 % des Français pensent que la nicotine est cancérigène ! Cette idée est très répandue, mais elle est fausse. La nicotine est une substance addictive et toxique à certaines doses, mais elle n’est pas considérée comme la cause directe des cancers liés au tabagisme. Dans la cigarette, les cancers sont principalement liés aux substances produites par la combustion du tabac, et non à la nicotine seule.

Le sondage de la FIVAPE met en avant ces différents points par rapport à la perception de la nicotine :

  1. 80 % des Français pensent que la nicotine est cancérigène.
  2. Cette perception entretient une confusion entre addiction et cancer.
  3. La nicotine crée une forte dépendance, mais ce n’est pas elle qui est principalement responsable des cancers du tabac.
  4. Les substituts nicotiniques, comme les patchs ou les gommes, utilisent aussi de la nicotine.
  5. La fumée issue de la combustion du tabac reste le principal danger pour la santé des fumeurs.

Pourquoi les Français ont-ils une mauvaise image de la vape ?

La vape constitue l’une des alternatives au tabac qui a le plus de chance de mener à un arrêt total de la cigarette. Néanmoins, elle n’est pas sans danger pour la santé et doit être reléguée comme méthode de sevrage tabagique secondaire, en cas d’échec avec les méthodes recommandées en priorité, comme les patchs à la nicotine. En France, du fait de l’expansion rapide de la cigarette électronique à travers le pays, la vape fait débat. Le vapotage est parfois traité dans les médias de façon alarmiste, donnant l’impression que toute forme de vape est aussi dangereuse que la cigarette.

Si cela explique en partie l’image déformée de la cigarette électronique par rapport au tabac, la vision des Français de la nicotine n’y est pas non plus pour rien. Comme l’a relevé le sondage de la FIVAPE, 4 Français sur 5 pensent que la nicotine est cancérigène, et donc que vapoter du e-liquide en contenant l’est également.

À côté de cela, beaucoup de Français semblent mettre sur le même plan la fumée du tabac et la “vapeur“ (en réalité un aérosol) produite par une cigarette électronique. Pourtant, ces deux pratiques ne reposent pas sur le même mécanisme. La cigarette classique implique une combustion. C’est cette combustion qui produit de nombreuses substances toxiques et cancérigènes. La cigarette électronique, elle, chauffe un e-liquide pour produire une fausse fumée, qui ne comporte pas de goudrons comme la fumée de tabac et qui est bien moins toxique que cette dernière.

Vape et nicotine : l’importance d’informer sans banaliser

Cette mauvaise perception des risques associés à la vape et à la nicotine est dangereuse. Un fumeur qui croit que vapoter est plus dangereux que fumer risque de ne pas envisager la cigarette électronique comme une option de sevrage. Il peut continuer à fumer en pensant éviter un danger supérieur, alors que le danger principal reste la cigarette combustible. Cette situation est paradoxale : une idée reçue censée protéger la santé peut finalement empêcher certains fumeurs de réduire leur exposition aux substances les plus toxiques.

Il est donc essentiel de transmettre un message équilibré. La meilleure option reste évidemment de ne ni fumer ni vapoter ! C’est d’ailleurs l’objectif à atteindre pour toutes les personnes qui fument, avec un sevrage total de la nicotine. Même si celle-ci n’est pas cancérigène, elle est hautement addictive et est susceptible de causer de nombreux problèmes de santé avec des retards de cicatrisation qui peuvent être très problématiques en cas d’opération chirurgicale.

La difficulté par rapport à la communication sur la vape et sur la nicotine en elle-même consiste à informer sans banaliser. Il ne s’agit pas de faire la promotion de la cigarette électronique, qui reste associée à des risques pour la santé de celles et ceux qui l’utilisent. Il s’agit d’expliquer correctement la hiérarchie des risques. Fumer du tabac est extrêmement dangereux. Vapoter n’est pas sans risque, mais ce n’est pas équivalent à fumer. La nicotine rend dépendant, mais elle n’est pas le principal agent cancérigène du tabac. Ces distinctions sont simples, mais elles sont encore mal comprises par une grande partie de la population.

Les résultats du sondage montrent que la France a besoin d’un discours plus clair sur le tabagisme, la nicotine et le vapotage. La peur seule ne suffit pas à faire de la prévention efficace. Lorsqu’elle mélange tous les risques, elle peut produire l’effet inverse de celui recherché. Pour aider les fumeurs, il faut leur donner une information précise, honnête et compréhensible. Cela implique de rappeler que l’arrêt total du tabac est l’objectif prioritaire, mais aussi que certains outils peuvent accompagner cette démarche.

En 2025, l'ANSES a dévoilé un rapport d’expertise sur l’évaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage. Dans sa conclusion, l’Agence nationale de sécurité sanitaire envisage la mise en place “d’une vapoteuse soumise aux exigences des dispositifs médicaux et de e-liquides à la composition contrôlée“, qui pourrait faire rentrer la vape comme dispositif médical dans le futur.


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