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SCHIZOPHRÉNIE : Les bactéries buccales révèlent de nouveaux indices

Publié le 01 juillet 2026 par Santelog @santelog
Les bactéries buccales pourraient révéler de nouveaux indices sur les troubles cognitifs et le QI des personnes atteintes de schizophrénie (Visuel Adobe Stock 1738030873)

Les bactéries buccales pourraient révéler de nouveaux indices sur les troubles cognitifs et le QI des personnes atteintes de schizophrénie. Cette équipe de neuroscientifiques et de biologistes de l’Institute of Science Tokyo met en évidence des liens entre la diversité du microbiote buccal et les fonctions cognitives. Des travaux présentés dans le Schizophrenia Bulletin, qui décrivent le microbiome oral comme une fenêtre sur les états microbiens liés à la cognition.

La schizophrénie est une maladie mentale invalidante caractérisée non seulement par des hallucinations et des idées délirantes, mais aussi par des déficits cognitifs persistants qui peuvent fortement limiter la capacité à travailler, à socialiser et à vivre de manière autonome.

Les scientifiques soupçonnent depuis longtemps que les microbes présents dans l’organisme puissent contribuer à ce déclin cognitif, cependant la majorité des recherches se sont jusque-là concentrées sur l’intestin. Néanmoins, de plus en plus de données suggèrent désormais que

la communauté bactérienne buccale pourrait également jouer un rôle clé.

Un lien entre le microbiote buccal et les performances cognitives dans la schizophrénie

L’étude transversale a comparé les profils du microbiote buccal et les scores aux tests cognitifs de 68 patients schizophrènes et de 32 témoins en bonne santé. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que des perturbations de l’écosystème bactérien buccal pourraient être liées à une baisse des performances cognitives, soit par une inflammation accrue, soit par des altérations des fonctions microbiennes essentielles. L’analyse des bactéries buccales et des scores de tests cognitifs des participants révèle :

  • au sein du groupe « schizophrénie », une plus faible diversité microbienne associée à de moins bonnes performances cognitives ;
  • dans ce même groupe, une plus faible diversité microbienne est associée à un QI total plus bas ;
  • des voies métaboliques microbiennes spécifiques sont identifiées comme impliquées dans cette relation ;
  • ainsi, les voies fonctionnelles microbiennes liées à la biosynthèse des glycanes, au métabolisme énergétique et à la production de cofacteurs, sont positivement associées aux performances cognitives ;

« Chez les personnes atteintes de schizophrénie, une moindre diversité du microbiote oral était associée à des performances cognitives plus faibles, et certaines voies fonctionnelles liées au métabolisme et aux glycanes (prédites par PICRUSt2) sont potentiellement impliquées dans cette relation », expliquent les chercheurs.  

  • le microbiote buccal des patients schizophrènes présente également un déséquilibre au niveau de groupes bactériens clés, avec un ratio Streptococcus/Prevotella plus élevé, ainsi que des modifications d’autres genres bactériens.

Ces associations ouvrent des pistes de recherche pour de futures études longitudinales et expérimentales. 

L’axe oro-cerveau est donc au cœur de ces travaux, des modifications du microbiote buccal se révélant associées à des troubles cognitifs dans la schizophrénie et impliquées dans les mécanismes sous-jacents cette relation. « Les interactions hôte-microbiote ne se limitent pas à l’intestin. À l’instar du microbiote intestinal, le microbiote buccal participe également à ces interactions. Son rôle dans les affections systémiques et neurologiques est de plus en plus reconnu », écrivent les chercheurs. Les voies métaboliques identifiées pourraient également fournir des indices fonctionnels sur la manière dont la diversité du microbiote oral est liée à la cognition.

Le microbiome oral est donc décrit comme une fenêtre accessible sur les états microbiens liés à la cognition. C’est donc une fenêtre de compréhension des troubles cognitifs. Et probablement aussi, la cible de nouveaux traitements, par prébiotiques et probiotiques notamment.

Source: Schizophrenia Bulletin 27 Nov, 2025 DOI:10.1093/schbul/sbaf212 Oral Microbiota Associated With Cognitive Impairment in Schizophrenia: Composition and PICRUSt2-Predicted Functional Pathways

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Équipe de rédaction Santélog Juil 1, 2026Admin

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