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À quelle vitesse les ans nous font-ils vieillir ? (Deuxième partie)

Publié le 06 juillet 2026 par Go11

Après avoir examiné les risques de mortalité et les performances physiques, nous aborderons aujourd'hui la fonction des organes et les marqueurs biologiques. Des recherches récentes, portant sur des milliers de protéines, de métabolites et de marqueurs d'ADN, ont montré que le vieillissement se déroulait par à-coups plutôt qu'à un rythme parfaitement constant. 

Certaines études ont identifié des transitions biologiques majeures autour de 40-45 ans, 60-65 ans, et 75-80 ans. L'âge exact varie selon les études, mais le constat général est que les systèmes biologiques subissent souvent des périodes d'accélération plutôt qu'un déclin régulier. Le vieillissement double-t-il donc à 70 ans ? 

quelle vitesse nous font-ils vieillir (Deuxième partie)Pas vraiment. Une description plus juste serait de dire que le rythme de déclin de nombreuses fonctions corporelles s'accélère après 70 ans, et souvent encore après 80 ans et 90 ans. Si l'on tentait d'exprimer cela mathématiquement, il n'existe pas de coefficient multiplicateur unique. quelle vitesse nous font-ils vieillir (Deuxième partie)Le tableau ci-contre en donne une illustration conceptuelle simplifiée. Certaines personnes semblent échapper à ce processus, ce qui témoigne d'une grande variabilité chez les gens âgées. À 80 ans, on trouve des individus qui ont besoin d'une aide au quotidien, d’autres qui font de la randonnée en montagne, qui skient régulièrement, qui voyagent à l'étranger et qui apprennent de nouvelles langues. 

Cette différence s'explique souvent par la génétique (peut-être 20 à 30 %), l'activité physique pratiquée tout au long de la vie, les antécédents de tabagisme, la composition corporelle, l'engagement social, la stimulation cognitive, la qualité du sommeil et tout simplement la chance ! En fait, chez les octogénaires en bonne santé et actifs, la trajectoire ressemble souvent à celle de personnes 10 à 15 ans plus jeunes. 

En réalité, le vieillissement ressemble moins à une voiture qui s'use kilomètre par kilomètre qu'à un barrage qui retient l'eau. Pendant des décennies, de minuscules défauts s'accumulent sans que cela n'ait d'effet visible. Puis, à mesure que les réserves diminuent, chaque défaut supplémentaire a un impact plus important. 

La résilience du corps – sa capacité à se remettre d'une maladie, d'une blessure, du stress ou d'un manque de sommeil – décline. De nombreux gérontologues considèrent la perte de résilience comme l'un des principaux indicateurs du vieillissement avancé. 

C'est pourquoi une type de 30 ans peut se remettre d'une mauvaise chute, d'une grippe ou d'une nuit blanche en quelques jours, tandis qu'à 80 ans, le même incident peut avoir des conséquences qui traînent pendant des semaines, voire des mois. 

Ainsi, la remarque de mon ami n'est pas littéralement exacte, mais elle illustre un phénomène réel : après 70 ans environ, et plus encore après 80 ans, de nombreux aspects du vieillissement deviennent de plus en plus non linéaires, car les réserves et la capacité de réparation du corps diminuent. 

Le corps ne vieillit pas nécessairement « deux fois plus vite », mais les effets du vieillissement deviennent progressivement plus visibles et plus importants.


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