Bayonne (ville gasconne…)
Bar au nom basque dans le quartier militant de Bayonne. Sur le comptoir les journaux L’équipe et Sud-Ouest. Un seul client, l’air goguenard, à l’intérieur.
Le patron lui demande :
- C’est qui le joueur du PSG qui s’est blessé hier soir ?
- Je ne sais pas, répond l’autre, bougon. Silence puis :
- C’est Etikité (il bégaie le nom) ou quelque chose comme ça ? [ Hugo Ekitiké en fait. Un joueur de Liverpool.]
- Mais il est français ?
- Oui.
- Ah ! Merde !
En terrasse où je m’installe pour boire un café, deux hommes conversent en basque. Le patron sort et discute en basque avec une consommatrice.
Que d’enseignements tirer de cette furtive situation ! D’abord un bel exemple de langage phatique : manifestement ni l’un ni l’autre ne s’intéressent au football. Un nationalisme surprenant car franco-français. Une réappropriation de la langue basque réussie, c’est-à-dire ancrée dans les usages du quotidien.
Merci à ceux que j’attendais d’être en retard, le savoir n’a pas de prix.
Colette Milhé
