Depuis que je suis venu m’installer à Park City, j’ai toujours accordé une importance capitale au choix d’un terrain bénéficiant d’une exposition plein sud.
Après avoir passé un quart de siècle dans un lieu ombragé, en Haute-Savoie — où la maison de mes parents ne recevait que quelques heures de soleil par jour en hiver —, j’ai appris par expérience à quel point la lumière du soleil en montagne influence profondément tant le confort que le moral.
Bien entendu, l’orientation du terrain ne constitue que la moitié de l’équation ; l’architecture doit faire le reste. À une altitude de 2 100 mètres, le rayonnement solaire est plus intense, les hivers plus rigoureux et le ciel plus limpide ; la géométrie solaire s’impose donc comme l’un des outils de conception les plus efficaces, bien que souvent négligés.
J’ai toujours été surpris du peu d’attention que de nombreux architectes locaux portaient aux principes du solaire passif. Lorsque nous avons construit notre maison en 2013, j’ai exigé de grands avant-toits sur la façade sud — 2,13 mètres dans ce cas — afin de bloquer le soleil haut en été tout en laissant pénétrer le ses rayons plus bas en hiver. À 40° de latitude, la hauteur du soleil varie de près de 47° selon les saisons ; un avant-toit bien conçu permet donc de réduire considérablement les apports de chaleur en ete tout en offrant un appoint de chauffage gratuit en hiver. La photo ci-dessous a été prise le 7 juillet, peu après le solstice d’été, à 11 heures ; elle illustre parfaitement l’efficacité de ces avancées de toiture : une ombre totale en été et un ensoleillement maximal en hiver.
Le solaire passif n’a rien de complexe : c’est tout simplement de la bonne architecture de montagne.
