2 conseils nutritionnels parmi les plus répandus sont contredits par ces 2 études :
- Boire de l’eau durant le repas ne coupe pas l’appétit, au contraire ;
- le piment, loin d’être à éviter, réduit la prise alimentaire.
Ces conclusions d’une équipe de nutritionnistes de la Cornell University (Ithaca, New York), publiées dans les revues Appetite et Food Quality and Preference, montrent à quel point les comportements à table et les propriétés des aliments influencent significativement notre satiété et notre prise alimentaire, sans même que nous nous en rendions compte. Deux petits conseils qui pourraient donc aider les consommateurs qui souhaitent réduire leur apport énergétique.
L’argument est connu de tous : boire de l’eau pendant le repas distendrait l’estomac, déclencherait la sensation de satiété et limiterait donc les quantités d’aliments solides ingérées. Cette nouvelle analyse contredit ce principe.
Dans le cas de l’eau, l’explication tient à la physiologie même de l’estomac :
l’eau en est évacuée rapidement et ne le remplit donc pas très longtemps. Pire, l’eau semble agir comme un lubrifiant et accélère la prise alimentaire et prévient la sécheresse buccale, ce qui prolonge le plaisir de manger. L’un des auteurs principaux, le Dr Paige Cunningham, professeur à Cornell, confirme : « cette allégation veut que si nous buvons de l’eau, elle nous remplit, mais dans la réalité, elle est évacuée rapidement de l’estomac ».
L’autre croyance, celle qui prétend que la consommation de piment doit se faire avec prudence lorsqu’on surveille sa prise alimentaire, semble là encore, mise à mal.
L’eau accroît la prise alimentaire accrue, le piment la réduit
L’étude, menée auprès de 86 participants, met en commun les données de 2 expériences antérieures menées en laboratoire. Les participants consommaient à volonté un déjeuner et chaque gorgée étant enregistrées en vidéo.
Une seconde expérimentation, distincte, menée avec 49 participants recevant des chips accompagnées d’une sauce douce ou pimentée, 1 fois par semaine pendant 2 semaines, seule la teneur en piment de cayenne variant d’une sauce à l’autre.
L’analyse révèle que :
- pour chaque tranche de 100 grammes d’eau supplémentaire, les participants consomment environ 39 grammes d’aliments en plus, soit près de 49 calories ;
- l’alternance fréquente entre bouchées et gorgées majore encore la prise : chaque alternance supplémentaire correspond à environ 4,4 grammes d’aliments en plus ;
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ainsi, contrairement à toute attente, les participants buvant plus souvent mangent moins, et pas plus ;
- la version pimentée des aliments réduit de 28 % la prise alimentaire totale ;
- les aliments pimentés sont consommés environ 30 % plus lentement ;
- la consommation d’eau pendant l’en-cas n’est pas modifiée par le niveau de piment.
Quel explication ? L’effet d’alternance est évoqué par les auteurs qui invoquent un mécanisme par lequel l’attrait d’un aliment s’émousse naturellement à mesure qu’on le consomme. En alterner sa consommation, avec de l’eau, cela permettrait de maintenir son appétence plus longtemps.
Deux conseils diététiques, 2 idées reçues largement partagées, qui se retrouvent ainsi contredites ;
En fait, l’eau accroît la prise alimentaire accrue, le piment la réduit.
Source: Appetite, Food Quality and Preference July 2026 DOI : 10.1016/j.appet.2026.108698 Water intake, switching between bites and sips, and drinking behavior are associated with food intake across meals varying in spiciness: A secondary analysis of two randomized crossover studies
Plus sur : La Satiété
Équipe de rédaction Santélog Juil 19, 2026Admin
