En France, la nouvelle flambée du pétrole pourrait rapidement peser sur le budget des ménages. Le baril de Brent a clôturé à 100,69 dollars, en hausse de 7 % sur une séance, après des attaques contre des pétroliers en mer Rouge et de nouvelles perturbations autour du détroit d’Ormuz. Ces tensions font craindre une réduction de l’offre mondiale et une augmentation durable des coûts de transport.
À la pompe, la hausse ne sera pas nécessairement immédiate ni proportionnelle à celle du baril. Le prix français dépend aussi du taux de change euro-dollar, du raffinage, de la distribution et de la fiscalité. Mais une augmentation de 10 centimes par litre alourdirait de 5 euros un plein de 50 litres ; avec deux pleins mensuels, cela représenterait 10 euros supplémentaires par mois. Une hausse de 20 centimes doublerait cette dépense.
Les courses peuvent être touchées quelques semaines ou quelques mois plus tard. Le gazole utilisé par les camions, les machines agricoles et certains bateaux de pêche renchérit le transport des fruits, légumes, produits laitiers ou surgelés. Les emballages fabriqués à partir de dérivés pétroliers et les coûts supportés par les industriels peuvent également augmenter. L’Insee observe que les chocs énergétiques se transmettent progressivement aux prix de production, puis à l’alimentation, sans que chaque produit augmente au même rythme. (Insee)
Le pétrole cher peut enfin faire grimper le fioul domestique, les billets d’avion, certaines livraisons et les services nécessitant beaucoup de déplacements. Pour une famille dépendante de la voiture, la facture pourrait donc combiner davantage de dépenses de carburant et une hausse progressive du panier alimentaire. Tout dépendra toutefois de la durée de la crise, du cours de l’euro et d’éventuelles mesures prises par le gouvernement pour limiter le choc.
