En France, la première priorité consiste à constituer une petite réserve immédiatement disponible, même lorsqu’on rembourse déjà des dettes. Cette somme doit permettre de régler une panne, une facture urgente ou une dépense médicale sans reprendre un crédit. Elle peut être placée sur un Livret A ou un LEP afin de rester accessible et sans risque. La Banque de France recommande d’épargner sans déséquilibrer son budget.
Une fois ce premier coussin établi, il faut accélérer le remboursement des dettes les plus coûteuses : découvert bancaire, crédit renouvelable, retard de paiement ou prêt affichant un TAEG élevé. Rembourser une dette à 15 % produit une économie certaine équivalente aux intérêts évités, alors qu’aucun placement prudent ne garantit un rendement comparable. Avant tout remboursement anticipé important, il faut néanmoins vérifier les éventuelles indemnités prévues par le contrat.
Après les dettes coûteuses, l’objectif est de compléter le fonds d’urgence jusqu’à représenter environ deux ou trois mois de revenus. Une réserve supérieure peut être nécessaire lorsque les revenus sont irréguliers, que le foyer dépend d’un seul salaire ou supporte des charges élevées. L’AMF recommande de constituer cette épargne de précaution avant de financer des projets à moyen ou long terme.
L’investissement vient donc généralement en dernier, une fois le budget stabilisé, les dettes chères maîtrisées et l’épargne de sécurité disponible. Il reste possible de rembourser normalement un crédit immobilier ou un prêt à faible taux tout en investissant progressivement, à condition de ne pas avoir besoin de l’argent placé à court terme. L’ordre recommandé est ainsi : petit coussin de sécurité, dettes coûteuses, fonds d’urgence complet, puis investissements diversifiés.
