Montagnard et skieur, j'ai toujours pensé que la règle concernant la variation de température en fonction de l'altitude était de 6 °C pour 1 000 mètres. N'en n’étant pas tout à fait sûr, j'ai décidé d'approfondir le sujet, qui prend de l’importance au moment où le réchauffement climatique s'intensifie. Voici ce que j'ai découvert, en commençant par les causes du phénomène.
La température baisse avec l'altitude tout simplement parce que la pression atmosphérique diminue, ce qui entraîne une détente et un refroidissement de l'air. Abordons maintenant les chiffres relatifs à ce que l'on appelle le gradient thermique normal (ou gradient adiabatique). En degrés Celsius, elle baisse d'environ 6,5 °C par tranche de 1 000 mètres. Par exemple, si l'on gravit un dénivelé montagneux de 2 000 mètres, on peut généralement s'attendre à ce qu'il fasse environ 13 °C de moins en atteignant le sommet.
Bien entendu, si la valeur de 6,5 °C pour 1 000 mètres constitue la moyenne standard, les conditions réelles s'écartent souvent de cette règle. Prenons d'abord en compte l'humidité. Si l'air est sec, il se refroidit plus rapidement en s'élevant à un taux d'environ 9,8 °C pour 1 000 mètres. En revanche, si l'air se refroidit jusqu'à atteindre son point de rosée et que l'humidité se condense pour former des nuages ou du brouillard, de la chaleur latente est libérée dans l'air environnant. Ce phénomène ralentit le refroidissement, ramenant le taux à environ 5 °C pour 1 000 mètres.
Il y a aussi les inversions de température. Si celle-ci diminue normalement avec l'altitude, une inversion produit l'effet inverse, de l'air plus chaud venant surplomber une masse d'air froid. Ce phénomène est très courant dans les vallées de montagne (comme celle de l’Arve entre Cluses et Sallanches) en hiver ou lors des nuits claires et sans vent : l'air froid et dense s'accumule au fond de la vallée, tandis que les zones plus élevées, comme Megève, restent nettement plus chaudes.
Pour finir, la topographie du terrain et le vent jouent également un rôle. Les parois rocheuses sombres et les zones alpines exposées peuvent chauffer considérablement sous l'effet du rayonnement solaire direct, créant ainsi des microclimats chauds en altitude qui s'écartent du gradient thermique habituel de l'air libre.
À l'inverse, des vents alpins violents peuvent rabattre des masses d'air froid (phénomène connu sous le nom de vents catabatiques) ou accentuer l'effet de refroidissement éolien, donnant une sensation de froid bien plus intense que ne le laisserait supposer le gradient thermique ambiant.
Voilà, vous savez désormais tout sur cette relation complexe entre altitude et température !
