Instantanément, je n’ai qu’à regarder autour de moi pour saisir la vie dans tous ses états et mouvements; ma tête se remet à sa place, le corps, l’âme, la voix, le chemin parcouru, tout est flux.
Je vous remercie de votre innommable bonté.
La beauté n’aura pas ma peau.
L'horloge s'arrêtera au tour de taille.
Me voici armé d’un intervalle précieusement savouré. Je me revois dans les films où j'ai joué, en tant que spectateur, de ce côté de l'écran, dans la salle, ou sur le canapé, devant la télé.
Toujours cette position de passivité béate, dans l'attente de quelque chose, une histoire qui commence, s’articule et m’enveloppe.
Chaque fois, la mise entre parenthèses d’un présent qui m’indispose.
Je gobe tout. Je souscris. Je dis oui en feignant d’ignorer que chaque film vu accélère ma marche en avant.
Ce n’est qu’un pas de puce vers la tombe dans le néant.
L'écran noir final, celui que plus aucune lumière n’allumera, dans le cadre d’une séance infinie et somnambule.
Une façon de m'évanouir dans l'incommensurable et l'indéfinissable; l'invisible est plus fort que tout.
Tout ce que j’ai toujours aimé, je vous en épargne l’énumération, plus rien n'aura de sens. Tout sera effacé sur le tableau noir de mon enfance.
Je verrai des gens passer dans la rue. Je me dirai : faites ce que vous voulez. Vivez votre vie. La mienne est passée. Elle est passée à côté de moi.