La justice vénézuélienne a accordé la liberté pleine à María Lourdes Afiuni et ordonné la clôture définitive du dossier judiciaire ouvert contre elle il y a plus de seize ans. Sa famille a indiqué avoir reçu vendredi 7 août la notification mettant formellement fin à la procédure et aux restrictions qui pesaient encore sur l’ancienne magistrate.
Afiuni avait été arrêtée en décembre 2009, après avoir accordé une liberté conditionnelle au banquier Eligio Cedeño, détenu depuis plus longtemps que la durée maximale prévue par la législation vénézuélienne avant jugement. Hugo Chávez avait publiquement réclamé une lourde peine contre la juge. En 2019, celle-ci avait finalement été condamnée à cinq ans de prison pour corruption, sans qu’un paiement ou avantage financier ne soit établi dans la décision.
Au fil des années, Afiuni avait bénéficié d’un régime de liberté conditionnelle, mais restait soumise à plusieurs restrictions. Elle avait notamment été empêchée de quitter le Venezuela, de s’exprimer dans les médias et de publier sur les réseaux sociaux. Amnesty International avait dénoncé dès 2013 ces limitations à sa liberté d’expression et de mouvement.
La fin de son dossier intervient dans un contexte politique particulier, alors que le pouvoir vénézuélien et une partie de l’opposition ont engagé de nouvelles négociations soutenues par Washington. Les organisations de défense des droits humains continuent parallèlement de réclamer la libération de plusieurs centaines de détenus qu’elles considèrent comme des prisonniers politiques.
