Les personnes consommant le plus d’aliments ultra-transformés présentent jusqu’à 19 % de risque supplémentaire de maladie coronarienne, 13 % de risque supplémentaire de fibrillation auriculaire et jusqu’à 65 % de risque accru de décès cardiovasculaire vs les plus faibles consommateurs : c’est la conclusion sans appel de ce consensus clinique de l’European Society of Cardiology et de l’European Association of Preventive Cardiology, conduit par des experts de différents instituts, dont l’University of Insubria (Varese, Italie). Ce rapport, publié dans l’European Heart Journal, appelle aujourd’hui les médecins à intégrer systématiquement la question des aliments ultra-transformés dans les consultations.
Les aliments ultra-transformés, définis comme des produits issus de procédés industriels intensifs, contenant des additifs, des arômes et des ingrédients absents des cuisines « maison », occupent une part croissante des régimes occidentaux, au dépend des régimes alimentaires traditionnels. En Europe, leur contribution dans l’apport calorique varie de 18 % en Italie à 61 % aux Pays-Bas et 54 % au Royaume-Uni. Pourtant, la plupart des recommandations diététiques nationales restent centrées sur les nutriments et n’abordent pas la question du degré de transformation alimentaire.
Depuis une dizaine d’années, les données épidémiologiques s’accumulent, associant la consommation élevée d’aliments transformés à l’obésité, au diabète de type 2, à l’hypertension artérielle, à la maladie rénale chronique et aux maladies cardiovasculaires.
Ce nouveau consensus marque le passage à une recommandation clinique formelle,
soutenue par les principales sociétés savantes européennes de cardiologie.
L’un des experts, le Pr Luigina Guasti, de l’University of Insubria, ajoute : « ces profuits ultra-transformés fabriqués à partir d’ingrédients et d’additifs industriels, ont largement remplacé les régimes alimentaires traditionnels. Les données sur leurs effets n’ont pas encore trouvé leur chemin dans les conseils que nous donnons aux patients sur l’alimentation. Ce consensus aidera les médecins à sensibiliser leurs patients sur ce facteur de risque ».
Jusqu’à +65 % de risque de décès cardiovasculaire en plus
Le rapport, sous forme de consensus clinique d’experts, synthétise l’ensemble des études publiées à ce jour sur les liens entre aliments ultra-transformés et maladies cardiovasculaires. L’analyse révèle que les plus gros consommateurs d’aliments ultra-transformés présentent :
- jusqu’à 19 % de risque supplémentaire de maladie coronarienne vs les plus faibles consommateurs ;
- jusqu’à 13 % de risque supplémentaire de fibrillation auriculaire ;
- jusqu’à 65 % de risque supplémentaire de décès cardiovasculaire ;
- les aliments ultra-transformés aggravent les principaux facteurs de risque cardiovasculaire : obésité, diabète de type 2, hypertension artérielle et dyslipidémie ;
- les mécanismes impliqués incluent une teneur élevée en sucres, sel et acides gras saturés, mais aussi la présence d’additifs, de contaminants et une structure alimentaire altérée qui favorisent l’inflammation, la perturbation métabolique, les modifications du microbiote intestinal et la suralimentation ;
- ces associations valent pour différents groupes de population, les différents types de risque cardiovasculaire et les différentes conséquences cliniques ;
-
leur plausibilité biologique est désormais bien établie.
Quelles implications ? La prévention des maladies ne devrait pas se concentrer uniquement sur les nutriments, mais aussi sur le degré de transformation des aliments. Même des aliments au bon profil nutritionnel peuvent être délétères s’ils sont hautement transformés.
Alors que la quasi-totalité des données disponibles reste d’origine observationnelle, les chercheurs appellent à mener des essais d’intervention à long terme afin de tester si la réduction des aliments ultra-transformés dans l’alimentation permet d’améliorer la santé cardiovasculaire.
Source: European Heart Journal May 7, 2026 DOI: 10.1093/eurheartj/ehag226 Ultra-processed foods and cardiovascular disease: a clinical consensus statement from the European Society of Cardiology
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