La Bourse nigériane a gagné près de 60 % depuis le début de l’année, portée par le retour des capitaux et l’optimisme des investisseurs envers les réformes économiques. Cette performance spectaculaire contraste fortement avec les difficultés quotidiennes rencontrées par une grande partie de la population.
La suppression des subventions sur le carburant, la dévaluation du naira et la réduction des aides à l’électricité ont amélioré certains équilibres économiques. Elles ont cependant provoqué une forte augmentation des prix. Le coût du carburant a été multiplié par plusieurs fois et celui de nombreux aliments courants a fortement progressé.
Les actifs financiers bénéficient de l’arrivée de capitaux étrangers et des perspectives offertes par les secteurs pétrolier, bancaire et industriel. Mais seule une faible proportion des Nigérians possède des actions. Le taux directeur de 26,5 % rend également le crédit particulièrement difficile d’accès pour les ménages et les petites entreprises.
La progression de la Bourse ne signifie donc pas encore une amélioration générale du niveau de vie. Le principal défi du gouvernement consiste désormais à transformer la confiance des marchés en investissements, emplois et revenus capables de réduire l’écart entre les indicateurs financiers et la réalité sociale.
