Le 15 août 2021, les talibans entraient dans Kaboul et reprenaient le contrôle de l’Afghanistan. Cinq ans plus tard, les dirigeants du mouvement ont célébré cet anniversaire comme la victoire sur l’occupation étrangère et le retour de la stabilité, lors de cérémonies organisées sous haute sécurité dans plusieurs régions du pays.
Le bilan présenté par les talibans insiste sur la fin d’une grande partie des combats, la réduction de certaines formes de corruption et le renforcement du contrôle de l’État. Mais l’autre visage du régime reste celui d’une crise majeure des droits humains. Les filles sont exclues du secondaire et de l’université, les femmes de nombreuses professions et une grande partie de l’espace public. Environ 2,4 millions de filles sont actuellement privées d’école selon l’ONU.
La situation humanitaire reste également très difficile, tandis que les financements internationaux diminuent. Paradoxalement, le régime commence pourtant à sortir de son isolement diplomatique. La Russie le reconnaît officiellement et plusieurs gouvernements occidentaux ou asiatiques entretiennent désormais des contacts pragmatiques avec Kaboul sur l’aide, l’immigration, le commerce ou la sécurité.
Les talibans ont donc remporté la bataille du temps qu’ils avaient longtemps promise. Ils restent au pouvoir, sans avoir accordé les concessions majeures sur les droits des femmes que la communauté internationale réclamait en 2021.
