L’afflux massif de migrants à Ceuta aurait-il pu être mieux anticipé ? Des syndicats représentant les forces de sécurité espagnoles assurent avoir alerté à six reprises les autorités nationales avant la crise de fin juillet, lorsque plus de 70 000 personnes ont tenté ou réussi à rejoindre l’enclave depuis le Maroc.
Ces alertes avaient commencé après une décision judiciaire du 29 juin précisant que les personnes arrivant à la nage ne pouvaient pas être immédiatement repoussées de la même manière que celles franchissant une barrière physique. Selon les syndicats, cette interprétation circulait déjà sur les réseaux sociaux et commençait à attirer davantage de candidats au passage. Ils demandaient notamment des instructions claires, du personnel supplémentaire et des capacités temporaires d’accueil.
Madrid affirme avoir étudié plusieurs options et accuse surtout les réseaux criminels et la désinformation d’avoir transformé la décision judiciaire en rumeur d’ouverture de la frontière. Une barrière flottante n’a toutefois été installée que le 1er août, après la catastrophe.
L’enjeu devient désormais celui de la responsabilité politique. Si des signaux précis remontaient réellement depuis plusieurs semaines, le gouvernement devra expliquer pourquoi les moyens nécessaires n’ont pas été déployés avant que la situation ne devienne incontrôlable.
