L’absence prolongée de Paul Biya relance les interrogations au Cameroun. Le président de 93 ans a quitté Yaoundé le 7 juin pour ce qui avait été officiellement présenté comme un « court séjour privé en Europe ». Plus de deux mois plus tard, son éloignement du pays nourrit un débat politique sur le fonctionnement de l’État et la conduite effective du pouvoir.
Cette situation intervient quelques mois après la réélection contestée de Paul Biya à la présidence. Au pouvoir depuis 1982, le chef de l’État a entamé un nouveau mandat fin 2025. Son âge et ses séjours réguliers à l’étranger alimentaient déjà les interrogations sur la succession, mais la durée de cette absence donne désormais une dimension institutionnelle plus forte au débat.
La situation est d’autant plus observée que le nouveau gouvernement promis par Paul Biya se faisait encore attendre plusieurs semaines après sa réélection. Des responsables de l’opposition réclament davantage de transparence sur la continuité de l’État. Le poste de vice-président, réintroduit dans l’architecture institutionnelle camerounaise en 2026, n’a par ailleurs toujours pas été pourvu.
Associated Press rapportait début août que Paul Biya avait déjà passé deux mois hors du Cameroun, alors que son séjour devait initialement être bref. La présidence continue néanmoins de fonctionner et plusieurs actes officiels ont été publiés pendant son absence. Mais à Yaoundé, une question s’installe désormais au centre du débat : combien de temps le pays peut-il fonctionner durablement avec son président à plusieurs milliers de kilomètres ?
