L’élection zambienne se joue d’abord entre Hakainde Hichilema et Brian Mundubile. Mais son résultat intéresse bien au-delà de Lusaka. La Zambie possède certaines des réserves de cuivre et de cobalt les plus stratégiques d’Afrique, à un moment où Washington et Pékin se livrent une compétition mondiale pour sécuriser les minerais nécessaires aux batteries, aux réseaux électriques et aux technologies de défense.
La Chine possède déjà une présence très profonde dans le secteur minier zambien et demeure le principal investisseur étranger dans plusieurs activités liées au cuivre et au cobalt. Les États-Unis cherchent au contraire à réduire leur dépendance aux chaînes d’approvisionnement dominées par Pékin. Washington soutient notamment des projets destinés à accroître la production locale de cuivre et de cobalt.
La relation américano-zambienne a néanmoins connu des tensions. Lusaka a rejeté cette année un projet de partenariat sur les minerais critiques qu’elle jugeait trop favorable aux intérêts américains, notamment sur l’accès préférentiel aux ressources. Le gouvernement Hichilema veut parallèlement faire passer la production annuelle de cuivre à environ trois millions de tonnes d’ici 2031.
Le scrutin peut donc influencer la manière dont cette richesse sera exploitée et avec quels partenaires. Pour la Chine comme pour les États-Unis, la Zambie n’est plus seulement un partenaire africain : elle est devenue une pièce de la bataille mondiale pour les minerais critiques.
