La contestation n’a pas totalement disparu à Kyiv, mais elle a perdu une grande partie de son intensité. Un mois après l’éviction surprise du ministre de la Défense Mykhailo Fedorov, Volodymyr Zelensky semble avoir évité que cette décision ne déclenche une crise politique durable capable de menacer directement son autorité.
Le départ de Fedorov avait provoqué des manifestations inhabituelles en temps de guerre. Le jeune ministre était apprécié pour ses réformes technologiques, notamment dans la guerre des drones, et ses relations avec l’état-major étaient devenues extrêmement tendues. Zelensky a ensuite remplacé le chef des armées Oleksandr Syrsky par Mykhailo Drapatyi et engagé une nouvelle réorganisation gouvernementale.
Les rassemblements continuent, mais leur mobilisation est bien inférieure à celle de juillet. Fedorov refuse toujours de revenir au gouvernement dans une fonction secondaire et conserve une popularité qui pourrait devenir politiquement embarrassante pour la présidence. La crise a surtout révélé des interrogations plus profondes sur la concentration du pouvoir et les mécanismes de décision au sein de l’exécutif ukrainien.
Zelensky a donc repris le contrôle du calendrier politique, pas effacé le problème. En pleine guerre, chaque conflit interne au sommet rappelle combien la stabilité ukrainienne dépend désormais autant du front militaire que de la cohésion de ses institutions.
