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Bardella contre Kerchak : une punchline peut-elle finir devant la justice ?

Publié le 17 août 2026 par Stedathe

Deux ans après la sortie de No Pasarán, la bataille politique autour du morceau continue devant la justice. Jordan Bardella et le Rassemblement national ont déposé plainte pour injure publique contre le rappeur Kerchak à propos d’un passage particulièrement insultant visant le président du RN et sa famille dans ce titre collectif publié pendant les législatives de 2024.

L’avocate du rappeur présente la procédure comme une question de liberté artistique et d’expression politique. Le contexte du morceau est effectivement explicitement militant : une vingtaine de rappeurs s’étaient réunis pour appeler à faire barrage au Rassemblement national. Mais l’existence d’une dimension politique ne signifie pas que toute formulation bénéficie automatiquement d’une protection absolue.

En droit français, l’injure correspond à une expression outrageante, un terme de mépris ou une invective sans imputation d’un fait précis. Lorsqu’elle est publique, elle peut notamment être sanctionnée par la loi du 29 juillet 1881. L’article 33 prévoit jusqu’à 12 000 euros d’amende pour l’injure publique envers un particulier, sous réserve notamment de l’appréciation du contexte et d’une éventuelle provocation.

Le juge devra donc arbitrer entre deux principes : la large liberté accordée à la création artistique et au discours politique, et le droit d’une personne à ne pas être publiquement insultée. Le procès pourrait devenir bien plus important que la seule punchline de Kerchak, en fixant une nouvelle frontière entre rap militant, outrance politique et responsabilité juridique.


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