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Interview de Françoise FONDADOUZE par Olivier KAESS de CREDIT-MAG

Publié le 07 septembre 2008 par Creditgirl
Interview de Françoise FONDADOUZE par Olivier KAESS de CREDIT-MAG

Interview donné par Françoise FONDADOUZE, gérante de RAINBOW FINANCE, à Monsieur Olivier KAESS pour http://www.credit-mag.fr

Présentation de la société RAINBOW FINANCE

O.K. : Françoise, pour les internautes qui ne connaissent pas votre société, pourriez-vous la leur présenter succinctement ?

F.F. : J'ai créé la société RAINBOW FINANCE, qui a pour cœur de métier le rachat de crédit, en 2005 et j'en suis la gérante.

Elle est bien sûr mandatée par les principaux établissements de crédits intervenant sur le marché français de la restructuration financière des personnes physiques, inscrite sur le FIDEM, titulaire d'une carte professionnelle de  démarchage bancaire et titulaire d'une assurance de responsabilité civile professionnelle.

La société RAINBOW FINANCE  est membre actif :

-   De L'Association Française des Intermédiaires Bancaires (AFIB)

-   Du Syndicat des Intermédiaires en Opérations de Banque (SIOB).

Elle est l'un des tous premiers télécourtiers de dimension nationale spécialisés en rachat de crédit en ligne. Ses sites : http://www.e-rachat-credit.fr, http://www.prolib-finance.fr, http://www.offre-de-pret.com. Ses blogs : http:/rachatcredit.blog.capital.fr, http://www.e-rachat-credit.fr/blog  .  

Répondant à une demande locale, j'ai  mis au point une prestation dédiée aux agences bancaires pour les opérations de regroupement des crédits de leur clientèle à laquelle j'apporte un service de proximité. Il s'agit là d'un remarquable exemple de la complémentarité qui existe dans les missions des agences bancaires et les courtiers en rachat de crédit mise au service de l'usager bancaire.

La société RAINBOW FINANCE, qui connaît une forte expansion de ses activités, de son équipe et de ses résultats,  fonde son action sur un développement durable car obtenu dans le respect de valeurs éthiques , tant à l'égard tant de sa clientèle que de ses partenaires financiers, qui font partie de sa culture d'entreprise que j'insuffle en permanence.

Présentation et valeurs fondamentales de la profession

O.K. : Françoise, comment présenteriez-vous à nos lecteurs, la profession d'intermédiaire en Opérations Bancaires et, selon vous, quelles sont les valeurs essentielles à défendre dans cette profession ?

F.F. : Pour beaucoup de nos concitoyens, l'intermédiaire en opération de banque est un auxiliaire financier au statut aussi obscur que ses activités. La méconnaissance de ce métier par le grand public tend à se combler grâce a son engouement pour le rachat de crédits qui bénéficie, il faut le dire, d'une excellente communication et la méfiance d'une partie  des usagers s'estompe grâce à l'évolution positive de la position des associations de consommateurs à leur égard qui finissent par reconnaître l'intérêt de leur action et à un meilleur encadrement légal de leur activité. En revanche, il reste encore beaucoup à faire au niveau institutionnel.

Pour certains, c'est surtout le promoteur du rachat de crédit et l'acteur majeur de cette technique bancaire qui a le vent en poupe et un avenir prometteur.

Pour moi,  l'intermédiaire en opération de banque spécialisé dans la restructuration financière des particuliers, qu'il est plus simple et plus juste d'appeler courtier en rachat de crédit, est avant tout un faciliteur. C'est, en effet, un guide qui accompagne des personnes souffrant de malendettement dans un processus visant à leur apporter une solution privée de désendettement. L'IOB ne se substitue pas à son client dont la liberté de choix et de décision est intégralement préservée.

Le courtage en  regroupement de crédits, c'est à la fois une compétence – l'IOB doit maîtriser à la perfection les techniques de financement et les critères de ses partenaires – et un art, c'est celui de la négociation pour laquelle il doit présenter de réelles aptitudes, voire un talent naturel.  De ces qualités professionnelles primordiales  dépendra le degré de confiance de ses partenaires et, par voie de conséquence, son taux de réussite.

Mais outre celles-ci,  le courtier en rachat de crédits doit posséder encore d'autres valeurs  personnelles :

-   La probité et le sens de l'intérêt du client ;

-   Une grande qualité d'écoute ;

-   Une vraie capacité de réflexion guidée par l'expérience du malendettement ;

-   Une volonté de s'impliquer personnellement à fond dans sa mission qui est un facteur essentiel de réussite

-   La transparence de ses actions et de son discours ; il doit parler la langue de ses clients, pas celle des financiers.

Le rachat de crédits n'est pas un acte anodin pour celui qui le décide. Il doit être abordé  par le professionnel selon au moins trois aspects. Le premier est bien sur humain ; il doit comprendre sans juger. Le second est économique : le courtier doit avoir une appréciation claire des solutions qu'il propose à son client, c'est-à-dire non seulement de leur  parfaite adéquation à ses besoins  mais encore de leur pertinence avec sa situation. Le troisième est social : le client doit se retrouver dans une situation meilleure qu'avant son intervention.

Ce que Germain dit s'applique autant aux IOB : « Les banques,  ce n'est pas de l'argent, ce sont des hommes. »

Au plan général, la profession doit mieux faire valoir l'intérêt économique de son action de recyclage des crédits pour une meilleure capacité d'endettement des emprunteurs dans l'intérêt commun des acteurs économiques. Permettre d'optimiser une consommation raisonnée, à la fois pour le bien être des consommateurs et la croissance, et de corriger des situations de malendettement risquant d'évoluer en surendettement dont chacun sait qu'elle est la porte de l'exclusion, mériterait une meilleure prise en considération de l'action économique et sociale des IOB au niveau des pouvoirs publics et des institutionnels.  Il est à souhaiter que la progression du volume des opérations de rachat de crédits à l'intérieur de celui des crédits distribués  soit un élément concourant à  une meilleure considération de notre profession qui mérite de devenir un interlocuteur permanent des pouvoirs publics au même titre que les établissements de crédit ou les associations de consommateurs et de lutte contre le surendettement.

Médiatisation du concept « Rachat de crédits »

O.K. : Nous constatons un engouement pour le concept de « Rachat de crédits ». Internet, la presse écrite, mais également la télévision consacrent depuis peu de nombreuses émissions sur ce thême, pourtant le regroupement de crédits est une solution financière assez ancienne, comment expliquez-vous ce phénomène de médiatisation ?

Il n'est pas niable que le rachat de crédits devient de plus en plus un sujet d'intérêt, donc d'émissions,  pour les médias.

Ce phénomène a plusieurs causes.

En tout premier lieu, en raison de l'arrivée récente sur ce marché des  grandes enseignes du crédit et d'établissements bancaires, la publicité sur le rachat de crédit, déjà en forte expansion (grâce aux IOB de dimension nationale),  a littéralement explosée.  Le moins qu'on puisse dire est qu'on en entend parler. Les journalistes aussi !

Malheureusement , une récente actualité a placé le crédit et ses dérives sous les feux des projecteurs médiatiques. Je pense bien sûr à la crise des subprimes.

Tout aussi désagréablement, dans le même temps, l'inflation mondiale a causé la hausse des indices monétaires et financiers qui a entraîné celle des taux d'intérêts révisables qui commençaient à connaître un certain développement en France pour les crédits immobiliers.

Enfin, la crise économique qui a résulté de ces circonstances a frappé de plein fouet le pouvoir d'achat des français.  Même si la baisse de ce dernier n'est pas très importante, l'effet psychologique est considérable. C'est une mine pour les médias qui l'exploitent à fond et sous toutes ses coutures. Qui dit pouvoir d'achat dit budget, qui dit budget dit recettes et dépenses, qui dit dépenses dit crédits, qui dit crédits dit trop de crédits, qui dit trop de crédits dit (maintenant) rachat de crédits.

Le candidat SARKOSY qui alors,  pas plus que tous les hommes politiques de gauche et de droite, qu'ils soient français, européens, américains  ou asiatiques, n'avait pas vu venir cette crise économique, s'était engagé à être le Président du pouvoir d'achat.  Il est, dès lors,  facile de comprendre que le pouvoir d'achat est un sujet sensible, pour ne pas dire « en or ».

Cette médiatisation, même si elle n'est pas toujours objective, a le mérite de populariser la meilleure solution de désendettement depuis l'invention du prêt à intérêt en Mésopotamie !  Qu'importe en effet : Le rachat de crédit, qu'on le loue ou qu'on le blâme, on lui fait toujours  de la réclame !

Augmentation d'IOB par la création de nouveaux cabinets

O.K. : Toute activité économique, récemment médiatisée, apporte son lot de création de structures professionnelles, un nombre important de nouveaux cabinets IOB ont vu le jour depuis deux ans. Selon vous Françoise, quels sont les avantages et inconvénients de cette éclosion de nouveaux IOB et cela ne va-t-il pas nuire à la qualité des prestations ?

F.F. : En premier lieu, j'observe que la création récente d'un très grand nombre d'IOB n'a été possible qu'en raison de leur mandatement par des établissements de crédits ayant, à n'en pas douter, une meilleure connaissance du marché de la restructuration  que moi.

Cependant, puisque vous me le demandez, je vous donnerai volontiers mon modeste avis sur le développement de notre profession qui, à priori, est une excellente chose car il la rend plus forte et plus présente,  tout au moins aux yeux et aux oreilles du public.

En tout premier lieu, cette croissance quasi exponentielle qui pourrait être attribuée à la bonne santé du marché qui la génère pose la question de son niveau de saturation naturelle. J'observe deux choses :

-   Une grande part de ce marché a peu à peu été captée par les grandes enseignes du  crédit  et des établissements bancaires qui n'hésitent pas à concurrencer, cannibaliser serait plus juste, leurs mandataires ;

-   La profession d'IOB évolue et l'on assiste depuis quelques années à l'émergence de structures succursaliste ou franchisées d'envergure nationale.

Il n'est nul besoin d'être grand clair pour pronostiquer que la survie de ces petits nouveaux sera plus ardue. Et c'est bien là que cette trop forte croissance pourrait s'avérer pathologique pour la profession.

En raison du renforcement récent de la législation encadrant l'activité d'intermédiaire en opération de banque et celle de démarcheur bancaire, notamment en rendant les mandants responsables de la probité et de la compétence de leurs mandataires, on peut espérer à ces niveaux essentiels que les nouveaux arrivants sur le marché soient irréprochables. Il est de l'intérêt des établissements de crédit qui  mandatent des IOB de veiller sur leur qualité car s'ils manquaient à ce devoir , tôt ou tard, ils s'exposent à voir leur responsabilité engagée devant les juridictions et leur image ternie par les médias.

Aussi,  cette concurrence nouvelle et qui, par la force des choses s'exacerbera, ne devrait donc pas trop nuire aux consommateurs.  Néanmoins, elle ne lui bénéficiera guère car elle ne peut porter que sur la commission d'intermédiation dont nous savons qu'elle n'a pas une très grande incidence sur le TEG, quoique la réduction d'une rémunération raisonnable et justifiée entraîne souvent une réduction de la qualité du service.

En revanche,  si cette situation devait entraîner une baisse sensible du chiffre d'affaires des cabinets les plus fragiles, un grand nombre n'y résisterait pas.

C'est la forme la plus naturelle, d'aucuns diront libérale, de régulation économique. Dans un secteur voisin, celui de l'immobilier, un phénomène semblable se produit alors même que la baisse annoncée de ce marché n'est pas encore véritablement engagée.

Les crises sont toujours sources de renouveau.

Les meilleurs survivront par leurs qualités intrinsèques et leur faculté d'adaptation. La profession évoluera, mais c'est une autre question !

Normes juridiques de la profession

Sur les plans normatifs et réglementaires, la profession a vécu des évolutions considérables ces dernières années. Une grande majorité des IOB réclame un statut clairement défini de l'activité. Pensez-vous Françoise que ces dispositions répondent à cette attente et, selon vous, quelles sont les évolutions juridiques à atteindre afin de pérenniser notre profession ainsi que son image ?

F.F. : Les français sont paradoxaux : ils se disent les chantres de la liberté et exigent toujours plus d'Etat, toujours plus de réglementation …

Il est légitime que le consommateur soit protégé de puissances financières qui, poussées par l'appât du gain,  lui imposeraient leur loi et ne respecteraient ni sa personne ni ses droits. Il est de la vocation d'un état de droit de mettre en place de grands équilibres.

Sincèrement, je pense qu'aujourd'hui il en fait trop. 

Prenons, dans notre secteur, deux exemples  seulement  :

-     La publicité sur le crédit. Toutes les mentions légales à faire figurer dans un message publicitaire sont si nombreuses et si indigestes que non seulement elles brouillent le message mais perdent tout leur intérêt faute précisément de présenter le moindre intérêt pour le public.  Pour ne pas que mon propos soit stérile, je suggère notamment  que l'on remplace la liste des mandants par le numéro de FIDEM.

-   Le démarchage, qui  en connaît précisément les contours ?  Un site Internet, démarchage ou pas ?

En vérité, beaucoup d'IOB qui réclament plus de réglementation sur leur profession sont ceux qui y ont accédé librement et qui voudraient désormais la voir interdite à d'autres  dont ils craignent la concurrence. Certains adorent les  débats aussi  fumeux que stériles , du genre faut-il s'appeler officiellement  IOB, courtiers en crédit ou en rachat de crédit ?

Pour ma part, je considère que les textes qui régissent aujourd'hui notre profession sont amplement suffisants pour protéger le consommateur, à condition qu'on les applique. Il en est de même pour l'exercice de la concurrence entre nous :  La législation est suffisante, faut-il encore que la DGCCRF la fasse respecter car nous subissons encore trop de distorsions  qui nous sont préjudiciables. Sur ce dernier point,  le consommateur serait bien mieux protégé et notre image valorisée si n'importe qui ne pouvait pas proposer n'importe quoi en matière de rachat de crédit sur la toile !  Bien plus que l'Etat, les établissements de crédit ont un rôle capital à jouer dans notre profession dont ils conditionnent l'accès ( rappelons-nous  les termes de l'article L. 519-2 du Code monétaire et financier).

En ce qui concerne notre statut professionnel, il m'apparaît suffisamment réglementé désormais.  La pérennité de notre profession ne relève pas du droit mais des rapports économiques avec nos partenaires naturels : les établissements de crédit.  En France et bientôt en Europe. A ce niveau, j'attends beaucoup de l'ouverture du marché unique européen au services  financiers  qui a fait l'objet d'une directive approuvée le 16 janvier 2008 par le Parlement européen.  Je ne doute pas que les IOB pourront contribuer à apporter aux consommateurs français les bienfaits de la concurrence de tous les établissements de l'Union que notre marché intéressera. Paradoxalement, je pense que la qualité de notre partenariat avec des établissements hexagonaux pourrait s'en trouver grandement renforcée.

En clair, prenons-nous en mains grâce à une structure représentative dynamique et interventionniste, n'ayons pas peur du mot, qui pratiquera le lobbying et sera un interlocuteur respectable de nos protagonistes habituels car représentant une certaine puissance économique et sociale. Nous ne sommes pas assez nombreux pour parler  à plusieurs voix ( regardez l'effet des « courants » dans les organisations  où il y en a ! ) et assez bêtes pour oublier la maxime latine : « Divide et impera » . Reconnaissons que nous avons moins de pouvoirs que ceux qui implémente la stratégie en découlant et faisons en sorte, non d'affaiblir nos pouvoirs,  mais de les renforcer.

C'est un appel lancé à nos deux  syndicats afin qu'ils accélèrent leur réflexion sur une stratégie de rapprochement qui pourrait prendre la forme d'une Union, voire d'une Confédération même si on est encore un peu petit en nombre d'adhérents de part et d'autre.

« L'avenir n'est que du présent à mettre en ordre. Tu n'as pas à le prévoir, mais à le permettre. »

C'est sur cette phrase de Saint Exupéry que j'ai plaisir à terminer cet interview ! Merci Olivier de me l'avoir accordé.

Vous retrouverez cet article sur le site : http://www.credit-mag.fr


Françoise FONDADOUZE Gérante RAINBOW FINANCE http://www.e-rachat-credit.fr

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