À près de trois mois des élections de mi-mandat américaines, les paris politiques atteignent déjà des niveaux inédits. Plus de 133 millions de dollars ont été engagés sur les élections au Congrès du 3 novembre 2026, selon l’Anti-Corruption Data Collective. C’est déjà nettement plus que les 92,4 millions de dollars enregistrés pendant l’ensemble du cycle électoral du Congrès en 2024.
Cette explosion accompagne l’essor des marchés de prédiction comme Kalshi et Polymarket, où les utilisateurs peuvent miser sur le contrôle de la Chambre des représentants, du Sénat ou même sur des circonscriptions précises. L’étude a recensé 7 466 marchés liés aux élections de 2026 sur trois plateformes, soit seize fois plus qu’en 2024. Si l’activité suit la même accélération que lors du précédent cycle électoral, les mises pourraient atteindre 1,6 milliard de dollars d’ici au scrutin.
Cette croissance soulève pourtant une question démocratique sensible. Les défenseurs de ces plateformes les présentent comme des marchés financiers capables d’agréger rapidement les anticipations du public. Leurs détracteurs redoutent au contraire les risques de manipulation, de conflits d’intérêts ou de paris réalisés à partir d’informations privilégiées. La concentration des transactions alimente particulièrement ces craintes : sur Polymarket Global, 1 % des portefeuilles représentent 68 % du volume consacré aux élections au Congrès.
Les midterms ne se jouent donc plus uniquement dans les urnes, les sondages et les campagnes publicitaires. Une véritable économie de la prédiction électorale s’est développée autour de la démocratie américaine, avec désormais des centaines de millions de dollars en jeu.
