L’accord anti-piratage signé par Canal+ et LaLiga couvre près de 50 pays, dont de nombreux marchés d’Afrique subsaharienne. Ce détail est important : la lutte contre le streaming illégal n’est plus seulement un problème européen, mais un enjeu direct pour l’économie du football diffusé en Afrique.
Les deux partenaires vont partager leurs technologies, leurs renseignements et leurs capacités d’enquête afin de fermer plus rapidement les réseaux qui redistribuent les matchs sans autorisation.
Pour Canal+, l’Afrique est un marché stratégique. Le groupe y possède des millions d’abonnés et investit fortement dans les droits sportifs. Chaque flux pirate réduit donc potentiellement la valeur des abonnements et la capacité du diffuseur à justifier le prix payé pour les compétitions.
LaLiga fait face au même problème. Ses revenus audiovisuels ont reculé de 5,2 % à 1,43 milliard d’euros lors de la saison 2024-2025, pendant que les recettes commerciales progressaient jusqu’à dépasser la diffusion.
En Afrique, le piratage possède une particularité supplémentaire : le prix des abonnements reste élevé pour une partie du public, tandis que les smartphones et connexions mobiles rendent les flux illégaux extrêmement faciles à partager.
La réponse uniquement répressive possède donc des limites. Fermer les réseaux les plus organisés peut réduire l’offre illégale, mais le problème de l’accessibilité économique reste entier.
Pour les ligues européennes, protéger leurs droits en Afrique revient à préserver un marché en croissance. Pour les diffuseurs, cela signifie aussi convaincre davantage de supporters que l’offre légale apporte une qualité et une simplicité suffisantes pour justifier son prix.
