Des journalistes et des militants se sont rassemblés le 8 septembre à Tunis pour demander la libération de Mohamed Yousfi. Le rédacteur en chef du média d’investigation Al-Qatiba, connu pour ses critiques du pouvoir, fait l’objet d’une procédure portant sur des soupçons d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent.
Yousfi avait été arrêté le 4 septembre, alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission d’Express FM. Ses soutiens dénoncent une utilisation des poursuites financières pour réduire au silence un journaliste indépendant. Les défenseurs de la liberté de la presse demandent que son activité éditoriale ne soit pas assimilée à une infraction.
Le dossier impose de distinguer les accusations et ce qui serait établi par la justice. Une interpellation ne démontre pas la culpabilité du journaliste. De la même manière, l’affirmation d’un objectif politique doit rester attribuée à ceux qui la portent. Le pouvoir tunisien assure, de son côté, que les libertés demeurent garanties.
La mobilisation montre que l’affaire dépasse désormais la situation d’une seule rédaction. Pour les journalistes présents, l’enjeu est de pouvoir enquêter et critiquer sans craindre des représailles judiciaires. La transparence sur les faits reprochés et le respect des droits de la défense seront déterminants pour apprécier la suite de la procédure.
À lire aussi : Kenya : emplois nationaux ou nouveau nationalisme économique ?
