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Lagarde rejette frontalement le projet de Mélenchon d’annuler une partie de la dette française

Publié le 13 septembre 2026 par Stedathe

Christine Lagarde est entrée directement dans le débat présidentiel français sur la dette. La présidente de la Banque centrale européenne a rejeté jeudi la proposition de Jean-Luc Mélenchon visant à annuler une partie de la dette publique française détenue, selon lui, par la Banque de France.

Le leader de La France insoumise estime qu’environ 18 % de la dette pourrait être effacée afin de dégager de nouvelles marges budgétaires pour les dépenses publiques.

Lagarde juge l’idée à la fois financièrement dangereuse et juridiquement incompatible avec les règles européennes. Elle rappelle notamment que les traités interdisent le financement monétaire direct des États par les banques centrales.

Son argument économique est tout aussi important. Un État qui refuse de rembourser une partie de sa dette ne supprime pas seulement une ligne comptable : il modifie la manière dont ses futurs créanciers évaluent son risque.

Si les investisseurs anticipent qu’une nouvelle annulation peut être décidée, ils peuvent demander des taux d’intérêt plus élevés pour prêter à l’État. L’économie réalisée sur la dette annulée pourrait alors être en partie absorbée par le renchérissement des nouveaux emprunts.

Les partisans de l’annulation répondent généralement que la dette détenue au sein de l’Eurosystème possède une nature particulière et qu’une réforme politique européenne pourrait changer les règles. C’est précisément là que se situe le conflit : Mélenchon propose une rupture, Lagarde défend le cadre institutionnel existant.

Le débat prend une dimension supplémentaire à l’approche de 2027. Avec une dette dépassant 116 % du PIB, tous les candidats devront expliquer non seulement comment financer leurs programmes, mais aussi comment convaincre les marchés et les partenaires européens de continuer à financer la France.


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