L’avancée rapide des Houthis au Yémen change brutalement la carte stratégique de la région. Les combattants soutenus par l’Iran ont progressé le long de la côte de la mer Rouge et atteint l’île stratégique de Perim, située à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb.
Ce passage est l’un des grands points de transit du commerce mondial entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. Une capacité houthie renforcée autour du détroit accroît la menace pesant sur les navires commerciaux et sur les exportations énergétiques qui utilisent cette route pour rejoindre l’Europe et l’Asie.
Le problème pour les États-Unis est qu’un autre passage essentiel, le détroit d’Ormuz, est déjà fortement perturbé par la guerre avec l’Iran. Défendre simultanément la navigation dans le Golfe et autour de Bab el-Mandeb impose davantage de moyens navals, de surveillance aérienne et de défense antimissile dans deux zones éloignées.
Les Houthis n’ont pas encore démontré qu’ils pouvaient fermer durablement Bab el-Mandeb. Mais la prise de positions côtières et d’îles stratégiques améliore leur capacité de surveillance et de frappe. Dans le même temps, une attaque contre un pipeline saoudien a encore aggravé les inquiétudes sur la sécurité énergétique régionale.
Washington se retrouve donc face à un choix coûteux : renforcer son engagement militaire au risque d’élargir encore le conflit, ou accepter un niveau de risque maritime plus élevé. La combinaison Ormuz–Bab el-Mandeb transforme progressivement une guerre régionale en problème structurel pour les grandes routes énergétiques mondiales.
