L’Agence internationale de l’énergie a brutalement assombri ses prévisions pour le marché pétrolier. L’offre mondiale devrait reculer d’environ 5,7 millions de barils par jour en 2026, soit près de 6 % de la production mondiale.
Cette estimation est nettement plus sévère que la baisse d’environ 4 % envisagée auparavant. L’AIE relie cette révision aux perturbations persistantes dans le Golfe, aux attaques sur les infrastructures pétrolières et aux difficultés à rétablir des flux normaux au Moyen-Orient.
L’Arabie saoudite est particulièrement touchée. Sa production est tombée autour de 6 millions de barils par jour en août, son niveau le plus bas depuis plus de trente ans, après plusieurs attaques et perturbations logistiques.
Le choc ne concerne pas seulement le brut. Le diesel et d’autres produits raffinés ont atteint des niveaux records, car les raffineries sont elles-mêmes sous pression et les stocks mondiaux diminuent rapidement.
L’AIE estime que les réserves commerciales ont baissé à un rythme record d’environ 3,1 millions de barils par jour en août. Ces stocks jouent normalement le rôle de tampon lorsqu’une partie de l’offre disparaît.
La demande mondiale recule elle aussi sous l’effet des prix élevés, mais pas assez vite pour compenser totalement la baisse de l’offre. L’AIE prévoit désormais une diminution d’environ 2,5 millions de barils par jour de la consommation en 2026.
Cette situation peut contaminer toute l’économie. Un diesel cher renchérit le transport routier et maritime, augmente les coûts agricoles et pousse les entreprises à relever leurs prix.
À son tour, une inflation plus persistante peut obliger les banques centrales à maintenir des taux élevés plus longtemps. Le choc pétrolier ne reste donc pas dans les stations-service : il finit par toucher le crédit, l’investissement et la consommation.
