Magazine

Juste quelqu’un de bien

Publié le 15 septembre 2026 par Alexcessif

Juste quelqu’un bien

Bande son: Enzo Enzo 


 
On devrait s’attacher à passer inaperçu. L’ambition nous incite à pousser les autres dans l’escalier. Sans ambition pas de frustration! Et une empreinte carbone raisonnable sans modifier nos coordonnées spatiales aoûtiennes  en allant visiter les imbéciles d’à coté lors de voyages exotiques. Ainsi nous serions, enfin, inoffensifs.

Le destin est le scénario d’un remake redondant et inutile où la malédiction se nomme hérédité. Nos projets résultent de traumas infantiles qui conditionnent notre ressenti.

 “L’enfer c’est les autres“ affirmait Sartre dans “ Huis clos“. Cette affirmation hors contexte suggère la solitude, l’évitement de la foule, médiocre forcément médiocre. L’isolement que préconise cette phrase isolée de son contexte — les gourous du développement personnel sont coutumiers du fait— conduirait à la détestation, arbitraire, subjective, de cet “autre“ qui serait l’enfer constitutif du monde extérieur. 

Que nenni! Je m'inscris en faux! On ne construit pas son individualité sans “l’autre“

L’enfer, c’est le delta entre la connaissance de soi et l’image que nous renvoie “l’autre“. Il y a ce déséquilibre et ce mal être produit de la dissonance cognitive à trop donner une importance disproportionnée au jugement d’autrui en opposition frontale avec ce que l’on sait de soi. 

“ Quand je me vois je me désole, quand je me compare je me console“ disait une amie — car on peut trouver souvent chez celui, ou celle en l’occurrence, en perte de confiance en soi, cet état transitoire lorsque nous nous trouvons entre deux eaux, entre deux mondes — ce réflexe narcissique de se sentir supérieur. De ce postulat du “dédain“ pour l’étage social de l’en-dessous, la complexité du monde intérieur de celui qui l’éprouve n’existe pas dans la conscience de “l’autre“ qui devient celui qui nous dispute la maitrise de notre image. On se retrouve enfermé dans une version désagréable et étrangère de nous même 

Le hasard m’a donné qq signes de vie. Pour autant, pourquoi m’infliger ce décompte des souvenirs et de leur classification dans la catégorie bien/pas bien?

Cette femme étais aussi énigmatique qu’un scénario de Christopher Nolan: je n’y avais  rien compris mais je sentais qu’il y avait de la matière à penser. Elle étais le Stradivarius dont j’étais incapable de faire vibrer la corde. Son “Pas d’mon monde“ me révélait un bovarysme dont j’ignorais tout. 

La résurgence de mes ambitions enfantines d’être un autre que moi sourdait  puissament.  Il y a ce serment tacite entre le geolier et le prisonnier: le devoir d’évasion! Né dans un monde étriqué il y a le devoir de s’accomplir pour chaque fils d’ouvrier. Devenir soi est un devoir aussi impératif que celui du détenu. Il est là le monde d’en dessus au delà de la honte

Le travail manuel était dans ce temps la punition sociale d’un mauvais parcours scolaire. “ Si tu ne travaille pas à l’école tu finiras éboueur“ était le mantra en vigueur dés la primaire! En tout cas à l’école Charles Martin dans les années soixante

Mais c’est déjà l’heure de la détresse émotionnelle et des soldes de tout compte. Les mains que j’ai lâché, celles et ceux qui m’ont marché sur les pieds certes, j’avais plus d’un tour dans mon sac mais, à l'inventaire des occurrences  j’avais égaré “le sac“

Je crois avoir été choisi par la solitude — et non pas le contraire — pour cette dernière partie. La solitude est une fausse liberté que l’on clame haut et fort avoir choisie. Il serait plus exact d’en définir le territoire fait de silence et de distance. Qq fois je fus le commensal principal lors de dîners de cons où le rôle de François Pinon abreuvait ma soif de rires "amicaux" jusqu'à taux d'usure. Un exemple de pseudo-sportif cultivé, un autodidacte retraité d’une carrière sans prébendes dont je serais l’épigone lorsque je ne suis plus ni sur la feuille de match et pas sur le banc de touche. Qq périodes de stabilité par tranche de 7 ans entre promesse et déception pour moi autant que pour elle.s. Que voulais-tu que je devinsse avec cette hérédité qui ressemble tant à une malédiction? Puis de cette adolescence soumise et rebelle en alternance? Et cette charge d’ainé de la fratrie que tu as déposé sur mes épaules du jeune parent que j’étais devenu. Chacun ses mécanismes de défense pour, ou pas, devenir un bon petit soldat.

Dans ce monde ou dans l’autre

- Aime-toi tel que tu es, cela nous évitera le pathos final

Elle est partie sans se retourner sur ce dernier mot: " Je te laisse avec tes démons!"



Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Alexcessif 80 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte