Lufthansa confirme son retour au Boeing 737 en exerçant 20 options auprès de Boeing
AeroMorning – John Smith – 17 septembre 2026
Le conseil de surveillance du Lufthansa Group a approuvé l’exercice de 20 options portant sur des Boeing 737 MAX 10 dans le cadre de l’accord conclu en décembre 2023, qui comprenait 40 appareils 737-8 MAX fermes et 60 options d’achat. Cette décision porte à 60 appareils la commande ferme de 737 MAX du Groupe, les livraisons des MAX 10 devant débuter au début des années 2030 afin de moderniser les flottes court et moyen-courrier et de remplacer progressivement les appareils plus anciens de la famille Airbus A320. La nouvelle commande de 20 appareils représente une valeur catalogue d’environ 3,4 milliards de dollars amériÊins. Cette décision confirme également l’intégration de Boeing aux côtés d’Airbus dans la future flotte court-courrier du Groupe.
Une absence d’une décennie
Lufthansa a été le client de lancement du Boeing 737, en prenant livraison de son premier appareil en février 1968. La compagnie a exploité les générations successives (-200, -300, -400 et -500) avant de retirer ses derniers 737 en 2016. Lufthansa est ensuite passée à une flotte entièrement composée d’appareils Airbus à fuselage étroit, tout en continuant d’exploiter des appareils Boeing long-courriers.
Parallèlement aux 40 737-8 fermes et aux 60 options Boeing, l’accord conclu par Lufthansa en décembre 2023 comprenait 40 Airbus A220-300 fermes, 20 options sur des A220 et 40 options portant sur la famille Airbus A320. Les 40 appareils Boeing fermes n’avaient initialement pas été attribués à un opérateur spécifique du Groupe ; une décision ultérieure les a attribués à Eurowings, avec des livraisons prévues de 2027 à 2032, en remplacement des A319 et des A320 plus anciens. Eurowings prévoit d’utiliser le 737-8 sur des liaisons moyen-courrier, avec une configuration de 189 sièges.
Airbus reste au cœur de la flotte
Le retour du Boeing 737 ne signifie pas un abandon d’Airbus. À la fin de 2025, le Lufthansa Group exploitait 737 appareils au total au sein de ses différentes compagnies, mais aucun n’était un Boeing 737. Sa flotte comprenait des appareils Airbus et Boeing exploités par Lufthansa Airlines ainsi que par ses activités régionales et Discover, auxquels s’ajoutaient 116 appareils chez SWISS et Edelweiss, 67 chez Austrian Airlines, 47 chez Brussels Airlines, 98 chez Eurowings et 22 chez Lufthansa Cargo. Le Groupe disposait déjà d’une importante flotte Boeing long-courrier, avec 80 appareils comprenant 27 Boeing 747, trois 767, 18 777, 14 787 et 18 777F. Des appareils Bombardier et Embraer faisaient également partie de la flotte du Groupe.
Airbus reste la colonne vertébrale de la flotte monocouloir de Lufthansa, avec les variantes A319, A320 et A321, tandis que les opérations long-courrier combinent des Boeing 747 et 787 avec des Airbus A330, A340 et A350.
Lufthansa continue également de commander des appareils auprès des deux constructeurs. En décembre 2023, elle a commandé 40 A220-300 et 40 737-8 MAX fermes, auxquels s’ajoutaient les options mentionnées précédemment. En mai 2026, elle a commandé 10 Airbus A350-900 et 10 Boeing 787-9, une commande long-courrier répartie entre les deux constructeurs, d’une valeur de 7,7 milliards de dollars amériÊins au prix catalogue, avec des livraisons prévues de 2032 à 2034.
Principales justifiÊtions stratégiques de l’achat du 737 MAX par Lufthansa
- Pouvoir de négociation : Le maintien de deux constructeurs d’avions concurrents pourrait donner au Groupe un poids commercial accru en matière de prix, de remises, de crénêux de livraison, de compensations en cas de retard, de maintenance, de pièces détachées, de formation et de futures options d’achat.
- Sécurisation de la disponibilité des appareils : Avec des carnets de commandes importants et des contraintes sur la chaîne d’approvisionnement contribuant à une disponibilité limitée des appareils et à l’allongement des délais de livraison chez Airbus comme chez Boeing, l’accès à deux grands constructeurs pourrait offrir une plus grande flexibilité dans la gestion du renouvellement de la flotte et des calendriers de livraison.
- Réduction des risques : Une stratégie reposant sur deux fournisseurs pourrait réduire la dépendance à l’égard d’un seul constructeur, limitant l’exposition du Lufthansa Group aux perturbations propres à un constructeur, notamment les problèmes de production, les retards de livraison, les problèmes de qualité ou techniques et les conflits sociaux tels que les grèves.
Communalité contre flexibilité stratégique
La décision met néanmoins en évidence un arbitrage plus large dans la gestion de la flotte. Lufthansa ajoute une deuxième famille d’appareils monocouloirs alors qu’environ 450 appareils de la famille A320 étaient déjà en service lorsque la commande de 2023 a été annoncée et que la compagnie décrivait cette famille comme solidement établie dans les opérations court et moyen-courrier.
Les avantages potentiels sont le renouvellement de la flotte, l’amélioration de l’effiÊcité énergétique, une capacité supplémentaire, une plus grande flexibilité dans les achats et l’accès à un deuxième grand constructeur d’appareils monocouloirs. En contrepartie, la diversifiÊtion de la flotte entraîne des coûts supplémentaires liés à la formation des pilotes, aux procédures de maintenance, aux stocks de pièces détachées, à l’ingénierie, aux simulateurs et à la planifiÊtion des opérations. Toutefois, la taille du Lufthansa Group et les capacités de maintenance internes de Lufthansa Technik peuvent contribuer à absorber cette complexité.
Le Boeing 737 MAX ne doit donc pas être interprété comme une rupture avec Airbus. Airbus reste profondément intégré à la flotte court-courrier du Groupe et continue de recevoir des commandes importantes. Le MAX marque plutôt le retour d’un deuxième constructeur d’appareils monocouloirs au sein d’une flotte qui était devenue très largement basée sur Airbus dans ce segment.
Source: AeroMorning
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