Chaque jour, notre promenade zigzague pendant un peu de 400 mètres à travers le cimetière de Park City, où nous ne manquons jamais d’apprécier le grand calme enfin à l’écart de la circulation matinale. Là, il m'est souvent arrivé de songer aux épitaphes et, pourquoi pas, à celle qui me conviendrait le mieux quand j’en aurai besoin d’une !
C'est ainsi que j'ai été séduit par quelques vers d'une chanson de Georges Moustaki : « Nous avons toute la vie pour nous amuser, nous avons toute la mort pour nous reposer. » Je trouve que ces mots possèdent une simplicité désarmante — un art que Moustaki maîtrisait à merveille : une vérité nue, dénuée de pathos ou de grande rhétorique, mais qui offre un sourire presque philosophique face à la condition humaine.
« Nous avons toute la vie pour nous amuser, nous avons toute la mort pour nous reposer. » En guise d'épitaphe, c'est remarquablement juste.
Ces mots expriment trois choses essentielles : une confiance en la vie — tant qu'elle est là, il faut la vivre, la savourer et l'accueillir comme un terrain de jeu propice à l'apprentissage et aux liens ; une acceptation sereine de la mort — non pas comme une menace, mais comme un repos naturel, inévitable et presque doux ; et enfin, une philosophie de la légèreté — sans tragédie ni drame, simplement une façon de dire : « J'ai fait mon bonhomme de chemin ; j'ai vécu ; maintenant, je me repose. »
Ce n'est ni sombre ni fataliste. Au contraire, c'est une manière d'affirmer que certains d'entre nous ont choisi de vivre pleinement, de profiter de l'existence, d'apprendre et d'aimer, et que ce qui suit n'est qu'un retour au calme.
Cela semble taillé sur mesure pour moi, qui adore réfléchir sur la vie, le bien-vieillir, la croissance continue et la façon de transformer mes années restantes en un vrai crescendo plutôt qu'en un déclin. Ces mots sonnent juste : ils pourraient témoigner du fait que nous avons joué le jeu jusqu'au bout !
