Les femmes enceintes sont exposées en moyenne à 45 produits chimiques différents parmi 113 testés par cette étude, menée par des chimistes et des biologistes de par l’UNC Gillings School of Global Public Health et de la Stanford University (Californie). Cette recherche, l’une des plus larges jamais menées sur les expositions chimiques pendant la grossesse, publiée dans le JAMA Network Open, pointe la nécessité de renforcer les politiques de protection contre ces produits chimiques toxiques, sans oublier… leurs substituts.
La prématurité et le faible poids de naissance ont des répercussions sur la santé de l’enfant tout au long de sa vie. Or ces expositions chimiques pendant la grossesse constituent un facteur de risque environnemental qui mène à ces mauvais résultats de naissance. Alors que la plupart des études menées sur le sujet se sont concentrées sur un nombre limité de substances, cette recherche adopte
une approche d’exposome élargie,
en testant 113 produits chimiques courants dans les environnements domestiques, alimentaires et atmosphériques. Phtalates, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et phénols halogénés, plusieurs de ces polluants ont déjà été associés à une naissance plus précoce et à un faible poids de naissance.
L’un des auteurs principaux, Jessie Buckley, professeur d’épidémiologie, UNC Gillings School of Global Public Health, rappelle :« Ces produits chimiques sont difficiles à éviter car ils se trouvent dans une large gamme de produits que nous utilisons au quotidien. Il peut être difficile de savoir si nos produits en contiennent, et même quand nous le savons, notre contrôle sur ces expositions reste limité ».
De nouveaux produits de substitution également nocifs
L’étude, menée auprès de plus de 5.000 paires mère-enfant nés entre 2000 et 2021, teste 113 produits chimiques dans des échantillons d’urine maternelle et précise leurs associations avec la durée de la grossesse et le poids de naissance. L’analyse révèle que :
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les femmes enceintes sont exposées en moyenne à 45 produits chimiques différents,
- avec un maximum de 64 observés dans un seul échantillon ;
- plusieurs phtalates et substituts de plastifiants sont associés de façon cohérente à une naissance plus précoce ;
- les phtalates et les HAP sont associés à un poids de naissance plus faible ;
- des produits chimiques moins étudiés, notamment les phénols halogénés, s’avèrent également associés à un plus faible poids de naissance ;
- enfin, certains substituts récemment introduits pour remplacer les phtalates toxiques induisent en fait des effets similaires sur la santé que les substances mêmes qu’ils ont remplacées.
Quelles implications ? Ces résultats plaident pour une évaluation obligatoire de la sécurité des substituts avant leur mise sur le marché, et pour une extension des réglementations sur les phtalates aux produits utilisés pendant la grossesse.
Si la nature observationnelle de cette étude et la mesure ponctuelle des expositions chimiques via un seul échantillon urinaire par participant ne permettent pas d’établir de causalité directe entre exposition et résultats périnataux, ces conclusions sont en ligne avec de nombreuses et récentes recherches.
Source: JAMA Network Open June 17, 2026 DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2026.18883 Prenatal chemical exposures and birth outcomes: an exposome analysis in a multi-site cohort of 5,000 mother-child pairs
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