La solitude ressentie est associée à un risque 8 à 9 % plus élevé de déficit cognitif sévère et à une probabilité 3 % plus faible de récupération d’un déclin cognitif, conclut cette équipe de psychologues de l’University of California, Davis. L’étude, publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology, établit ainsi une distinction cruciale entre solitude subjective et isolement objectif, la solitude ressentie étant le prédicteur le plus puissant du déclin cognitif.
La différence entre solitude et isolement social est fondamentale et souvent mal comprise. L’isolement social est un état objectif : c’est être seul et avoir peu de contacts avec les autres. La solitude est une perception subjective : c’est se sentir seul même entouré de nombreuses personnes. De précédentes recherches ont exploré les 2 phénomènes, souvent de façon indissociée, pourtant leur impact respectif sur le déclin cognitif et la mortalité est bien spécifique.
Cette recherche par modélisation statistique avancée a suivi les transitions entre différents états cognitifs et la mortalité au fil du temps et a permis d’analyser la contribution propre de chaque facteur, solitude ou isolement.
L’un des auteurs principaux, Tomiko Yoneda, professeur de psychologie à l’Université de Californie Davis, explique :« La solitude est une perception.
Vous pouvez être entouré d’une foule de personnes et vous sentir seul.
Certaines personnes a contrario peuvent être tout à fait heureuses dans une situation réelle d’isolement ».
La solitude plus influente dans les stades précoces de la déficience cognitive, mais également facteur de risque de progression du déclin cognitif.
L’étude, menée auprès de 175.000 participants âgés de plus de 50 ans de 18 pays ayant renseigné la fréquence de leur sentiment de solitude et la fréquence de leurs contacts sociaux, a utilisé des modèles statistiques avancés pour développer des trajectoires représentant les transitions entre différents états cognitifs et la mortalité. L’analyse révèle que :
- la solitude ressentie est systématiquement associée à un risque plus élevé de déficience cognitive et à une vie plus courte, même après prise en compte de l’isolement social ;
- l’isolement social seul n’est pas systématiquement associé au déclin cognitif et n’a qu’une faible association avec une vie plus courte ;
- une augmentation de 10 % du sentiment de solitude est associée à un risque 8 à 9 % plus élevé d’altération sévère des fonctions cognitives et de transition vers un déclin cognitif plus sévère ;
- rapporter plus fréquemment ce sentiment de solitude est associé à une probabilité 3 % plus faible de récupérer d’une déficience cognitive légère ;
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enfin, la solitude est le facteur de risque le plus constant aux stades précoces de la déficience cognitive.
Quelles implications ? Ces résultats suggèrent que des interventions ciblant spécifiquement la solitude ressentie, et non le seul isolement objectif, pourraient réduire les risques de déclin cognitif et les coûts associés aux soins de démence.
Si la nature observationnelle de l’étude ne permet pas d’établir de causalité directe entre solitude et déclin cognitif, cette recherche marque bien la différence, à prendre en compte, entre solitude ressentie et isolement social objectif.
Source: Journal of Personality and Social Psychology June 15, 2026 DOI: 10.1037/pspp0000606 Loneliness versus social isolation as predictors of cognitive impairment trajectories and mortality in adults over 50: a multinational longitudinal study
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Équipe de rédaction Santélog Sep 26, 2026Admin
