La compétition pour la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie prend une dimension particulière alors que les relations entre le Rwanda et la République démocratique du Congo restent tendues. Louise Mushikiwabo, qui sollicite un nouveau mandat à la tête de l’OIF, estime que le différend entre Kigali et Kinshasa ne devrait pas déterminer le choix du prochain secrétaire général.
Cette position intervient alors qu’une candidate congolaise, Juliana Amato Lumumba, figure parmi ses concurrentes. La Mauritanienne Coumba Bâ et l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș sont également annoncés dans la course. Le scrutin est prévu le 16 novembre à Phnom Penh, ce qui laisse plusieurs semaines aux candidats pour présenter leur vision de l’organisation et convaincre les États membres.
Dans une interview accordée le 25 septembre à France 24 et reprise ensuite par plusieurs médias, Mushikiwabo a défendu l’idée d’une élection centrée sur l’institution et ses priorités plutôt que sur le contentieux bilatéral entre le Rwanda et la RDC. Cette appréciation lui appartient. Elle ne signifie pas que les tensions régionales seront absentes des échanges diplomatiques ni que tous les États membres partageront cette lecture.
L’enjeu dépasse d’ailleurs les seules relations Kigali-Kinshasa. Le futur leadership de l’OIF devra composer avec des attentes diverses sur la place politique de la Francophonie, la coopération culturelle et éducative, ainsi qu’avec les relations devenues plus complexes entre l’organisation et certains pays du Sahel. Les candidatures venues d’Afrique et d’Europe reflètent aussi l’étendue géographique d’une institution qui ne se réduit pas à un seul espace régional.
À ce stade, aucun élément ne permet de déduire l’issue du vote à partir des tensions entre le Rwanda et la RDC. Le fait politique vérifiable est que ce contexte accompagne désormais la campagne et oblige les candidats à préciser la manière dont ils veulent préserver le fonctionnement multilatéral de l’OIF lorsque des États membres sont eux-mêmes engagés dans des différends majeurs.
