La découverte d’un dixième corps de femme dans la municipalité d’Ekurhuleni depuis juillet a relancé l’alarme sur les violences faites aux femmes en Afrique du Sud. Le dernier corps, partiellement vêtu, a été retrouvé près du cimetière de Mooifontein à Thembisa. Face à la succession de découvertes, la police a constitué une équipe spécialisée chargée d’examiner les dossiers et d’identifier d’éventuels liens entre les affaires.
Il serait toutefois prématuré d’affirmer qu’un seul auteur ou un même réseau est responsable de tous les décès. Des soupçons de tueur en série circulent publiquement en raison des similitudes relevées dans plusieurs cas, mais la police n’a pas établi que les dix affaires étaient liées. L’enquête doit donc distinguer ce qui relève d’indices comparables de ce qui a effectivement été démontré par les investigations.
Le président Cyril Ramaphosa a réagi le 28 septembre en élargissant la question à la violence fondée sur le genre dans tout le pays. Dans sa lettre hebdomadaire, il a qualifié les violences, viols et meurtres de femmes de « tache sur notre conscience nationale ». Son intervention place de nouveau la réponse institutionnelle au centre du débat, alors que l’Afrique du Sud avait déjà déclaré la violence fondée sur le genre et les féminicides comme une crise nationale.
À Ekurhuleni, la priorité policière est d’identifier les victimes, de reconstituer les circonstances de chaque décès et de comparer les éléments médico-légaux, les lieux de découverte et les modes opératoires. C’est seulement sur cette base que les enquêteurs pourront déterminer si certaines affaires doivent être regroupées. Une communication trop rapide sur un scénario unique risquerait de compliquer la compréhension de dossiers qui peuvent avoir des origines différentes.
L’émotion provoquée par cette série de découvertes dépasse désormais la seule zone de Thembisa. Elle nourrit les demandes de protection des femmes, de rapidité dans les enquêtes et de responsabilité publique. La création d’une équipe spécialisée constitue une réponse opérationnelle, mais ses résultats seront jugés sur les identifications, les arrestations éventuelles et les preuves recueillies. Pour l’instant, le nombre de corps retrouvés est confirmé ; l’existence d’un lien criminel unique entre tous ces décès ne l’est pas.
