Le débat sur l’avenir des deux principaux distributeurs publics d’électricité du Ghana entre dans une phase de consultations plus sensibles. Le gouvernement a rencontré lundi le Public Utilities Workers Union, le syndicat des travailleurs des services publics, au sujet d’une possible participation du secteur privé dans Electricity Company of Ghana et Northern Electricity Distribution Company. Le PUWU s’oppose à cette option et demande que les entreprises restent sous contrôle public.
À ce stade, aucune privatisation d’ECG ou de NEDCo n’a été décidée. Les discussions portent sur différents modèles possibles de participation privée et s’inscrivent dans un processus d’évaluation plus large des performances du secteur. Cette distinction est centrale : la rencontre avec le syndicat ne constitue ni une annonce de vente ni une confirmation d’un schéma définitif. Le gouvernement dit vouloir recueillir les positions des acteurs avant d’arrêter sa décision.
Pour le PUWU, l’ouverture au privé ne règle pas automatiquement les difficultés des distributeurs. Le syndicat met en avant des problèmes de gouvernance, de recouvrement, de pertes commerciales et techniques ainsi que des contraintes financières qu’il estime pouvoir traiter sans céder la gestion à un opérateur privé. Il redoute également les conséquences possibles sur l’emploi, les conditions de travail et la mission de service public.
Le gouvernement, lui, cherche des solutions à un secteur électrique dont les déséquilibres financiers pèsent sur les comptes publics et sur la fiabilité du service. L’enjeu n’est donc pas seulement idéologique. Il concerne la capacité d’ECG et de NEDCo à facturer, recouvrer les recettes, investir dans les réseaux et réduire les pertes tout en maintenant un accès acceptable pour les consommateurs. C’est sur ces critères que les différentes options devront être comparées.
Le prochain point décisif sera la formulation d’un modèle précis. Tant qu’aucune architecture définitive n’est arrêtée, il serait prématuré de parler d’une privatisation acquise. Le bras de fer porte plutôt sur la direction que doit prendre la réforme : participation du privé pour améliorer l’efficacité selon ses partisans, maintien d’une gestion publique profondément réformée selon le syndicat. Les consultations détermineront si un compromis peut émerger ou si cette opposition devient un conflit social plus large.
