Les échanges indirects entre Washington et Téhéran ont franchi une nouvelle étape sans aboutir à un accord. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a reçu à Doha, par l’intermédiaire de médiateurs qataris, la réponse américaine au plan iranien de confiance sur sept jours. Ce document vise notamment à rouvrir le détroit d’Ormuz à une circulation maritime normale en échange d’une série de mesures réciproques.
Selon les informations rapportées par Reuters, le désaccord ne porte plus seulement sur les mesures envisagées mais sur l’ordre dans lequel elles devraient être mises en œuvre. L’Iran veut obtenir certaines garanties avant d’engager ses propres concessions, tandis que les États-Unis demandent des étapes préalables de la part de Téhéran. Cette question de séquençage est devenue le principal point de friction des discussions menées avec la médiation du Qatar.
La proposition s’inscrit dans une tentative de réduire les tensions après plusieurs mois de conflit régional et de perturbations autour d’Ormuz. La fermeture ou la limitation du passage a affecté les marchés de l’énergie et le transport maritime. Le Qatar a multiplié les échanges entre les deux parties, y compris lors des rencontres diplomatiques organisées en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Le président américain Donald Trump avait initialement rejeté la proposition iranienne, mais les contacts n’ont pas été interrompus.
Araqchi doit désormais examiner la réponse américaine à Téhéran. Aucune des parties n’a annoncé d’accord, de calendrier commun ou de levée de sanctions. La transmission du texte américain constitue donc un développement diplomatique réel, mais pas une percée définitive. Les prochaines discussions devront déterminer si les médiateurs peuvent rapprocher les positions sur la succession des mesures, condition nécessaire avant toute réouverture durable d’Ormuz ou tout élargissement de l’entente à d’autres dossiers, notamment le nucléaire et les sanctions.
Pour le Qatar, le maintien du canal de discussion constitue déjà un objectif en soi : Doha cherche à empêcher que le désaccord sur l’ordre des engagements ne bloque totalement un arrangement susceptible de réduire les tensions maritimes et énergétiques.
