Christine Lagarde a fermé mercredi la porte à une candidature à l’élection présidentielle française de 2027. Interrogée par le quotidien La Croix sur les spéculations entourant son avenir politique, la présidente de la Banque centrale européenne a répondu qu’une telle candidature « ne serait pas une bonne idée ». Sa déclaration réduit nettement l’espace laissé aux hypothèses d’un départ anticipé de Francfort pour entrer dans la compétition présidentielle.
Lagarde, âgée de 70 ans, a invoqué la question de l’énergie nécessaire à une fonction présidentielle, le niveau de sacrifice qu’elle implique et ses responsabilités actuelles à la BCE. Son mandat à la tête de l’institution monétaire court jusqu’en octobre 2027. Elle a indiqué que, si elle devait quitter son poste avant cette échéance, cela ne représenterait au plus que quelques mois et ne serait pas lié à une campagne pour l’Élysée.
La présidente de la BCE a profité de l’entretien pour commenter la situation économique française. Elle s’est inquiétée d’une dette publique approchant 120 % du produit intérieur brut sans trajectoire suffisamment claire de stabilisation. Elle a défendu une simplification administrative, la poursuite des réformes du marché du travail et une adaptation du système de retraite à l’allongement de l’espérance de vie. Ces positions économiques ne constituent pas un programme électoral : elles ont été formulées dans le cadre de son analyse des finances publiques françaises.
Sa mise au point intervient au moment où la direction de la BCE s’apprête elle-même à connaître plusieurs changements. Le départ annoncé d’Isabel Schnabel pour le Fonds monétaire international ouvre une période de recomposition au sommet de l’institution, avant d’autres échéances en 2027. En France, le nom de Lagarde avait régulièrement été évoqué parmi les personnalités susceptibles d’entrer dans la course présidentielle. Sa réponse du 30 septembre est la plus explicite à ce jour : elle ne se prépare pas à briguer l’Élysée.
