L’hypothèse d’un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne a reçu mercredi un accueil favorable à Paris et Madrid, sans pour autant devenir un projet institutionnel concret. Emmanuel Macron et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez ont réagi aux propos du chef du gouvernement britannique Andy Burnham, qui a déclaré que Londres devait envisager plusieurs options pour sa relation de long terme avec l’Union, y compris celles qui avaient été écartées après le Brexit.
Lors d’une conférence de presse à Madrid, Macron a résumé sa réaction en anglais par « Welcome back » et présenté un rapprochement britannique comme une perspective positive. Sánchez a adopté une position comparable en affirmant que l’Espagne accueillerait favorablement un retour. Ces déclarations expriment une ouverture politique de deux dirigeants européens ; elles ne valent ni invitation formelle des Vingt-Sept ni lancement d’une procédure de réadhésion.
Burnham, qui avait fait campagne contre le Brexit lors du référendum de 2016, estime désormais que le Royaume-Uni doit pouvoir discuter de toutes les options pour son avenir européen. Le débat va de l’approfondissement des accords existants à une participation plus étroite au marché unique ou à l’union douanière, jusqu’à l’hypothèse d’une adhésion complète. Chacune de ces pistes imposerait des négociations distinctes, des compromis réglementaires et, pour une réadhésion, une procédure européenne complète.
À court terme, Londres et Bruxelles travaillent surtout à un nouveau cycle de coopération. Un sommet Royaume-Uni–Union européenne est attendu en novembre, avec des dossiers comme les échanges de jeunes, les contrôles agroalimentaires et certains mécanismes commerciaux. Le changement le plus notable est donc pour l’instant celui du langage politique : une possibilité longtemps absente du débat officiel britannique est de nouveau évoquée publiquement, tandis que deux grands États membres indiquent qu’ils ne fermeraient pas la porte. La question d’une réadhésion reste cependant hypothétique tant que Londres ne formule pas une demande et que les Vingt-Sept n’ouvrent pas de négociation en ce sens.
