Le pape Léon XIV a appelé mercredi 30 septembre à une reprise du dialogue dans le nord de l’Éthiopie, où les affrontements se sont intensifiés au Tigré et dans les régions voisines d’Afar et d’Amhara. S’exprimant lors de son audience générale, il a demandé aux parties de privilégier une solution politique et a appelé la communauté internationale à fournir une aide humanitaire « généreuse » et rapide aux populations touchées.
Cette prise de position intervient alors que les combats entre les forces fédérales éthiopiennes et des combattants liés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont repris à grande échelle. Des forces progouvernementales ont annoncé avoir repris la ville stratégique d’Alamata, dans le sud du Tigré, tandis que des bombardements ont été signalés plus au nord, notamment autour de Maychew. Des responsables médicaux de Mekele ont fait état de nombreux civils grièvement blessés arrivés dans les hôpitaux de la capitale régionale.
La reprise des hostilités met à l’épreuve l’accord de Pretoria de 2022, qui avait mis fin à deux années d’une guerre extrêmement meurtrière entre le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et le TPLF. Plusieurs dispositions de cet accord n’ont jamais été pleinement appliquées. Depuis la fin de 2025, les tensions ont de nouveau augmenté avec des frappes de drones, des mouvements de troupes et une rupture croissante entre les autorités fédérales et les dirigeants tigréens.
L’appel du pape ne constitue pas une médiation formelle, mais il ajoute une voix internationale aux demandes de désescalade. Son message insiste sur deux dimensions distinctes : l’arrêt des combats et l’accès humanitaire. La progression des opérations militaires vers le nord nourrit la crainte d’une nouvelle crise de déplacement et de pénuries dans une région encore marquée par les conséquences du conflit précédent. Le retour à un dialogue politique dépendra désormais des choix des belligérants et de leur volonté de remettre en œuvre les mécanismes prévus par l’accord de Pretoria.
