Marine Le Pen a présenté vendredi 2 octobre un projet de « règle d’or » budgétaire destiné à inscrire dans le droit français une trajectoire annuelle de réduction du déficit. La candidate du Rassemblement national propose qu’un futur gouvernement soit tenu de diminuer le déficit public d’au moins 0,5 point de produit intérieur brut chaque année. Elle souhaite soumettre ce mécanisme à référendum s’il devient possible de le mettre en œuvre après l’élection présidentielle.
La trajectoire annoncée vise un déficit de 2,9 % du PIB en 2032. Selon les estimations présentées par Marine Le Pen, son programme représenterait environ 125 milliards d’euros d’économies sur cinq ans. Ce montant correspond à un objectif politique et budgétaire avancé par la candidate ; il ne constitue ni une économie déjà réalisée ni une décision votée par le Parlement. Les modalités précises des coupes, des recettes et de la répartition entre administrations devraient être détaillées pour mesurer l’impact complet de la proposition.
Le projet intervient dans un contexte de forte attention portée aux finances publiques françaises et au coût de la dette. Une règle annuelle de déficit réduirait la marge de manœuvre budgétaire des gouvernements successifs, sauf à prévoir des mécanismes d’exception pour les crises économiques, militaires ou sanitaires. Le recours annoncé au référendum vise à donner à cette contrainte une base politique directe, mais le texte exact de la future règle n’a pas encore été soumis aux électeurs.
Cette proposition rejoint le débat français sur la manière de ramener durablement les comptes publics sous les seuils européens. Les partis divergent sur le rythme d’ajustement, les dépenses à réduire et les recettes à mobiliser. Le plan de Marine Le Pen constitue une offre de politique budgétaire pour la campagne de 2027 ; son application dépendrait d’un résultat électoral favorable puis des procédures juridiques et politiques nécessaires.
Le projet devra en outre préciser comment seraient traitées les années de récession ou les dépenses exceptionnelles. Ces paramètres sont essentiels pour comprendre la portée pratique d’une règle annuelle, car une cible de déficit agit à la fois sur les dépenses publiques, les recettes fiscales et la capacité d’intervention de l’État.
