Le Laos a confié la direction de son gouvernement à Saleumxay Kommasith, diplomate chevronné et membre du Politburo du Parti révolutionnaire populaire lao. Les 158 députés présents à l’Assemblée nationale ont voté en sa faveur lors d’une séance à Vientiane. Il succède à Sonexay Siphandone, qui prend de son côté la présidence de l’Assemblée nationale, dans le cadre d’un remaniement des plus hautes fonctions institutionnelles du pays.
Saleumxay possède un profil international plus marqué que beaucoup de dirigeants laotiens. Ancien ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre, il a étudié en Russie et en Australie et a travaillé sur les relations avec les États-Unis, l’Europe et d’autres partenaires. Cette expérience pourrait donner au gouvernement un style diplomatique plus visible, même si le Laos reste étroitement lié à la Chine et au Vietnam sur les plans économique et politique.
Dans son discours après l’élection, le nouveau Premier ministre a cité plusieurs priorités immédiates : production alimentaire, remise en état des infrastructures, gestion des ressources minières, grands projets d’investissement, tourisme, recettes publiques et stabilité monétaire. Ces objectifs reflètent les fragilités d’une économie endettée qui doit attirer des capitaux sans perdre le contrôle de secteurs stratégiques ni accroître excessivement sa dépendance envers quelques partenaires.
Le changement de Premier ministre ne modifie pas le caractère du système politique laotien, dominé par un parti unique. Il peut néanmoins influer sur les priorités administratives et la manière dont le pays gère ses partenaires étrangers. Saleumxay arrive avec une expérience diplomatique qui pourrait être utile pour négocier investissements, dette et coopération régionale. Son mandat sera surtout jugé sur sa capacité à convertir ce réseau international en résultats économiques dans un pays où les marges budgétaires restent étroites.
