Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a décidé de remettre son avenir politique entre les mains des électeurs. Il a annoncé des élections générales anticipées pour le 29 novembre, mettant fin à plusieurs mois de blocages parlementaires. La décision intervient après une nouvelle défaite du gouvernement sur des mesures liées au logement, dans un contexte de manifestations massives et de pression croissante sur le coût de la vie dans plusieurs grandes villes.
Le PSOE de Sánchez gouverne sans majorité confortable et dépend depuis plusieurs années d’alliances complexes. Les sondages disponibles au moment de l’annonce placent souvent le Parti populaire devant les socialistes et donnent à Vox un poids important dans l’équation de droite. Ces enquêtes ne constituent toutefois pas une prédiction : plusieurs semaines de campagne peuvent modifier la mobilisation, les alliances, la participation et le comportement des électeurs indécis.
Le logement devrait occuper une place centrale dans la campagne. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes après des expulsions très médiatisées et le rejet de mesures gouvernementales. Sánchez semble parier sur la possibilité de transformer cette crise en choix politique clair entre plusieurs modèles de régulation, tandis que l’opposition veut faire de l’élection un jugement plus général sur ses années au pouvoir et sur la stabilité de sa coalition.
L’immigration, l’économie et les accusations de corruption devraient également peser. Si aucun bloc n’obtient une majorité absolue, l’Espagne pourrait retrouver les négociations de coalition qui ont marqué la décennie écoulée. L’annonce du 5 octobre ouvre donc une campagne courte et à haut risque. Le scrutin du 29 novembre, et non les sondages actuels, déterminera si Sánchez a réussi à transformer une situation parlementaire défavorable en nouveau mandat ou si une autre majorité s’impose.
