Le premier tour de la présidentielle brésilienne a également produit un changement majeur au Parlement. Le Parti libéral, principale force liée au camp Bolsonaro, a presque doublé sa représentation au Sénat en passant de 15 à 28 sièges sur 81. Cette progression donne à la droite un poids beaucoup plus important dans la prochaine législature.
Le résultat dépasse le simple soutien à Flavio Bolsonaro. Il montre que la dynamique conservatrice s’est traduite dans les scrutins parlementaires et régionaux, y compris dans des territoires où la présidentielle était plus disputée. À la Chambre basse, le Parti libéral devait également progresser fortement, renforçant sa capacité à structurer une majorité autour de ses priorités.
Cette nouvelle configuration pèsera quel que soit le vainqueur du second tour. Si Flavio Bolsonaro devient président, il disposera d’une base parlementaire plus solide pour faire avancer son programme. Si Lula est réélu, il devra composer avec un Congrès davantage orienté à droite, ce qui pourrait compliquer les réformes, les nominations et les choix budgétaires.
Le vote du week-end a donc produit deux batailles en une : celle de la présidence et celle du contrôle institutionnel. La seconde est déjà largement favorable au camp Bolsonaro. Le second tour décidera maintenant si ce renforcement parlementaire s’accompagnera aussi d’une victoire à la tête de l’exécutif.
