Au fond de l’atelier où, douze heures par jour, il métallisait, Jérôme F rêvait de territoires exotiques. Ses collègues de bureau lui parlaient de révolution industrielle et d’intelligence artificielle. Lui pensait à des collines de tourbes et à des pistes figées dans les glaces éternelles. Aux algorithmes et aux automatisations de la machine, il opposait la résistance de la pierre et les sentiers désertés par l’homme. Lors de l’été de la grande convergence où la machine et l’homme fusionnèrent, Jérôme F marchait près du lac Baïkal. Les GPS perdirent sa trace un matin d’avril et on ne le revit jamais.
