Des témoins interrogés par Reuters affirment avoir vu des dizaines de soldats érythréens traverser la ville d’Adigrat, dans le nord de l’Éthiopie, à proximité de la frontière. Les témoignages n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante, mais ils interviennent dans un contexte de forte détérioration des relations entre Addis-Abeba et Asmara.
Un commandant d’une force tigréenne favorable au gouvernement affirme également que l’armée érythréenne est entrée au Tigré avec des équipements lourds. L’Érythrée n’a pas confirmé ce déploiement. Son ministre de l’Information accuse plutôt le gouvernement éthiopien de construire un récit destiné à justifier une future agression.
Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques quelques jours plus tôt. L’Éthiopie accuse l’Érythrée, ainsi que l’Égypte et le Soudan, de soutenir l’alliance rebelle menée par le TPLF. Les trois pays rejettent ces accusations. Le conflit s’est intensifié avec la reprise de Mekelle par les forces fédérales et leurs alliés.
Si une présence militaire érythréenne était confirmée, elle ferait entrer une dimension supplémentaire dans une guerre déjà très complexe. Les tensions sur l’accès de l’Éthiopie à la mer Rouge et les rivalités régionales pourraient transformer un conflit interne en confrontation plus large dans la Corne de l’Afrique.
