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Qq de bien... ou pas

Publié le 12 octobre 2026 par Alexcessif

 Bande son “Que serais-je sans toi!“

bien...

De la paille plein les sabots

Je suis à Castelculier et je pense à toi à cause, ou grâce, à l'insécurité de mon organisation free style encore une fois sauvé par l’action d’un deus ex macchina: la dernière chambre du dernier hôtel à la sortie de la ville et le distributeur automatique malgré l’affichette annonçant qu’il ne rend pas la monnaie qui me restitue contre toute attente trois fois ma mise. 

Les dents, pipi et au lit j’avais largement de quoi panser mes blessures et sécher “les sanglots de la déconvenue“

C’est en pensant à moi que j’ai pensé à toi.

Un coup de mou automnal, une carence en glucose, le crépuscule à l’entame d’une nuit blanche, courte et interminable, sans doute torturé par l’image que je laisse derrière moi. 

J’avais fait tout comme il faut, arrivé à l’heure, j’ai juste choisi le mauvais resto. Elle est entrée moche et en retard déclarant à haute voix devant le personnel qui venait de m’installer “je ne reste pas ici, c’est dégueulasse! “. 

Le date, c’est ma frangine sans filtre et son altération du lobe frontal fière de ce qu’elle appelle sa franchise surtout en public. Avec deux ans de moins que moi elle ne changera pas puisqu’elle est parvenue à rester en vie parmi la jungle urbaine sans se soucier de politesse sociale. Je regrette in petto mon initiative de l’avertir de mon passage dans sa ville et l’idée saugrenue de passer la soirée en sa compagnie. 

Castelculier est un village du Lot & Garonne à la sortie d’Agen et il est 22 heures environ. Je cherche un hôtel qu’il me serait facile de trouver en consultant internet mais, voir ci-dessus, le plan A de dormir chez ma frangine raté, j’active le plan B à l’ancienne, celui de la chance et du hasard. De mémoire de routard je sais qu’il doit en exister un en direction de Toulouse à la sortie de la ville. Bingo, j’avise un Kyriad tout feu éteint dans un coupe-gorge de la zone (industrielle) avec parking privé ouvert à tout venant. Une unique chambre est disponible mais si une jeune femme dans l’obscurité du parking et quittant la réception à l’heure de la débauche ne m’en avait pas avisé j’allais repartir bredouille dans l’ignorance du guichet automatique planqué derrière une haie mal essartée

Lorsque je la croise le lendemain à des heures honnêtes lors de l’exercice de sa fonction de réceptionniste non-numérique je songe à la récompenser d’un pourboire royal avant de m’abstenir conscient du ridicule. Je ne suis pas Céline Dion au Royal Monceau

Laisser derrière soi la belle image, la trace de nos indignations, les pétitions que l'on signe, les affiches que l’ont colle, les animaux que l’ont adopte, les mains que l’ont lâche, notre compassion pour la misère des autres? Vanitas vanitatum! 

Toujours cette obsessionnelle obsession d'être juste qq de bien, excellant dans chaque rôle auxquel nous sommes assignés dans la paternité, le couple, le travail et même les loisirs, promis à un destin qui se situerait entre découvrir la pénicilline et marcher sur la lune ou courir le 100 mètres en 9“54. Puis s’apercevoir, après chaque échec, que tout cela n’est que la soumission à une convention dans un dispositif du bon papa, du meilleur partenaire et de l’employé du mois à l’instar du renard et les raisins du bon Lafontaine je me dis qu’ils sont trop verts et bons pour les goujats.

J’ai mis la boite auto sur D et le GPS sur “rentrer à Paris“ renonçant définitivement à un destin exceptionnel

Envoyé de mon iPad


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