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Le soleil du Pape

Publié le 19 septembre 2008 par Valabregue

masque  Jacques-Adrien Perret (cité par à l'école du possible) — 19/09/2008

C'est en saluant « l'énergie solaire, ce don qui vient ''d'en haut'' »* que l'entourage du pape accueillait naguère les réductions d'énergie qu'allait bientôt réaliser le Vatican... Semblant oublier, alors, tous les cataclysmes naturels qui, venant aussi ''d'en haut'', ne cessent de faire des millions de morts et contre lesquels nous sommes bien seuls, à faire face.

Mais ce bon sens-là n'est pas celui du Vatican et de son représentant. Il préfère taxer de « déraisonnables » ceux qui ne mettent pas la recherche de Dieu dans le but ultime de leurs démarches scientifiques ou culturelles. Il fait partie de ceux qui pensent « qu'il ne peut y avoir de spiritualité sans Dieu ». Comme si le fait de ne pas croire aux religions, fruit de l'imagination des hommes, les empêchait de s'interrogeaient sur la part de mystère qui entoure nos origines et notre destin. Comme si le fait de se sentir « relié » à l'histoire de l'humanité, à travers ses conquêtes culturelles, scientifiques et morales, les privait ainsi de toutes possibilités de donner un sens à leur vie.

C’est Teilhard de Chardin, ce jésuite peu en cour au Vatican, mais qui avait su intégrer la science à sa foi, qui se plaisait à dire que l’homme était, dans son effort d’hominisation, « la pointe avancée de l’univers ». Une aventure qui nous est commune, que l’on croie au ciel ou pas. Ce besoin de spiritualité n’est donc pas le propre des croyants en Dieu, ainsi que l’enseigne le Bouddhisme qui ne se réclame d’aucune divinité. C'est cette liberté que préserve la laïcité qui est « positive », par le seul fait d'exister, quand elle n'est pas déformée ou confisquée par ceux qui veulent la mettre au service de leur propre religion ou idéologie. Ainsi dans l'interpellation de « la foi et de la raison », chère au pape actuel, qui ne comprend, à travers notre histoire (et de la plus récente) que, l'une comme l'autre, ont été trop loin dans l'intolérance au service de Dieu ou des idéologies totalitaires.

Par contre, ce qui est « nouveau » dans la manière de nous relier désormais au monde et à l'histoire cosmique qu'est la nôtre, c'est la place prise, aujourd'hui, par les impératifs de l'écologie, sous peine de disparaître. Que nous le voulions ou non, nous sommes de la Nature et dépendons de ses lois. Ce qu'a souvent oublié l'église catholique allant jusqu'à vouloir convertir, de gré ou de force, ceux qui avaient acquis cette sagesse. Pourtant, que serions-nous demain sans le « soleil » autour duquel nous tournons ? Et non l'inverse...

*Osservatore romano du 29 août 08

Jacques-Adrien Perret


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