Magazine Côté Femmes

Au diable la petite culotte!

Publié le 13 juillet 2007 par Chantal Doumont

Isabelle Boutin

Regard sur ce phénomène.

Sortir en public sans petites culottes porterait même plusieurs noms : going commando, freeballing (freeballers pour les hommes), freebuffing (freebuffers pour les femmes).

Dans le magazine américain Allure, une réputée styliste hollywoodienne relate que seules les célébrités de plus de 40 ans portent la culotte et que 70 % des jeunes actrices feraient des « sorties commando ». Aussi, dans un sondage auprès de ses lectrices, Allure révèle que 59 % des femmes auraient expérimenté une « sortie commando » et que 23 % des femmes le font quotidiennement.

Phénomène américain seulement ? La sexologue Sylvie Lavallée ne pense pas que cette tendance soit très courante au Québec. « Ça ne correspond pas du tout à ce que j’entends. Peut-être chez les hommes, mais chez les femmes, nous sommes à des années-lumière de ce phénomène ! Je dirais que 50 % des femmes qui me consultent portent des petites culottes 24 heures sur 24, même pour dormir, sous prétexte que c’est plus confortable... »

L’auteure du livre Le couple en péril pousse même la réflexion plus loin. « La petite culotte sert parfois de barrière psychologique au lit, comme un refus à l’acte sexuel... Et pourtant, je dis souvent qu’il faut que ça respire ! C’est une recommandation gynécologique. Aussitôt arrivées à la maison, les femmes devraient enlever leurs sous-vêtements. »

Louise-Andrée Saulnier, sexologue, abonde dans le même sens. Quand elle animait l’émission Sexe et Confidences, elle a souvent exhorté les gens (hommes et femmes) à dormir sans culotte. De plus, dit-elle, « pour les hommes, les culottes trop serrées nuisent à la fertilité, car elles gardent les testicules trop près du corps et élèvent ainsi leur température. »

Mouvement de liberté ?

Ne rien avoir dessous n’est pas une nouveauté. L’histoire montre que d’autres civilisations vivaient nues sous leurs vêtements (le kilt écossais, le paréo tahitien, le sari indou, le kimono japonais). Chez nous, la lingerie est aussi une invention très récente. « Le port systématique de la culotte correspond à la période victorienne qui en est une de grande réprobation sexuelle », explique Mme Saulnier.

Elle voit dans la tendance commando l’affirmation de la liberté sexuelle, d’une différence, d’un penchant écologique et d’une liberté sur son propre corps. Elle y voit aussi l’imitation des vedettes. Rappelez-vous Basic Instinct en 1992. Le personnage audacieux et atypique interprété par Sharon Stone exhibe son entrejambe en situation de pouvoir. Interrogée sur cette scène, la blonde actrice insiste pour dire que c’était un rôle, de la fiction. Idem pour Madonna. Invitée au Late Show de David Letterman, la reine de la provocation a qualifié les sorties commando des célébrités d’épouvantables (dreadful !), justifiant que ses frasques exhibitionnistes avaient toujours été réalisées dans un contexte artistique.

Le phénomène des sans-culottes serait-il une conséquence directe de l’hyper sexualisation que l’on trouve dans les médias? Selon la sexologue auteur du livre Le Plus Vieux Propos du monde, le parallèle est trop facile. « Nous sommes dans une société de consommation soutenue par l’omniprésence de la publicité, laquelle se sert abondamment de la sexualité pour vendre. Que le sexe soit devenu le bruit de fond — l’expression est empruntée à Jean-Claude Guillebaud dans son essai — de notre vie quotidienne implique de nombreux changements dans l’utilisation et la perception du corps. Nous pourrions en parler longuement, mais je ne crois pas me tromper en affirmant que les gens sont plus sexy que sexuels. Ils obéissent à un look. Ils ont l’air mais pas toujours la chanson. »

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