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Rattrapage

Publié le 22 septembre 2008 par Pascal Boutreau

Voilà un bon week-end passé avec les dadas à Deauville. Trois jours de beau spectacle, sous le soleil (bon faisait pas super chaud, mais on ne va pas pleurer) et avec des gens sympas (Nick, j'espère que ta petite famille a apprécié). Trois jours avec du dada de très haut niveau mais avec aussi la reprise de la Star Ac (oui oui j'assume... je n'ai pas encore trouvé de chouchoute) et la finale de Kohlanta (oui oui j'assume encore) marquée par la victoire de Christelle (j'aimais bien mais Charlène était ma chouchoute).

J'adore Kohlanta. On y voit des amitiés certes mais aussi et surtout des alliances, des déceptions, des gens prêts à tout pour bouffer l'autre, des mensonges et des trahisons : comme dans la vraie vie quoi...

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Pour vous tenir au courant, sachez qu'en dada version concours complet, Nicolas Touzaint a pris la 5e place de la finale de la Coupe du monde, remportée par l'Australien Clayton Fredericks devant la Britannique Pippa Funnell et l'Allemand Franck Ostholt. Que du lourd ! En saut d'obstacles, le Top Ride a été dominé par l'Allemand Daniel Deusser devant le champion olympique Eric Lamaze et Patrice Delaveau sur Katchina Mail Normandie 2014 (un coucou à Sabrine). Pour en finir avec ce Ride-Normandie, je suis assez d'accord avec Thierry Touzaint, l'entraîneur français de complet.

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Ce type d'épreuves avec différentes disciplines est incontestablement une formule efficace. Evidemment, il y aura toujours des "segmentations" entre les disciplines. Mais pour attirer le grand public, celui qui n'est pas forcément acquis, cette possibilité de pouvoir en quelques heures zapper d'une discipline à l'autre, de pouvoir voir des chevaux sauter puis d'en voir d'autres galoper sur un cross avant de finir avec des attelages ou encore du dressage, offre toute une palette des sports équestres. Parce que lorsque l'on n'est pas spécialiste et que l'on ne connaît pas par coeur les pères, mères, grands-pères, grands-mères, cousins, neveux etc de chaque cheval (il y en a), ça peut vite devenir monotone (voire même chiant) de voir 40 couples effectuer le même parcours. Il y aura toujours des passionnés prêts à se taper trois jours de CSO et à ne rien manquer, mais pour s'ouvrir un peu vers le monde extérieur, cette diversification est selon moi une très bonne chose.

Pour rappel, vendredi, samedi et dimanche, se dispute à Jardy, près de Versailles, la finale du Grand National de concours complet. L'occasion de voir les meilleurs Français dans un cadre magnifique (a priori j'y serai vendredi et samedi pour le cross).

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Lamaze
  Session de rattrapage si vous avez manqué L'Equipe de vendredi. Pas cool, pour une fois que j'arrive à caser deux "histoires de sport" comme je les aime, vous auriez pu faire l'effort d'acheter le journal. Bref, voici donc les deux papiers. Le premier concerne le champion olympique de saut d'obstacles. Une histoire incroyable pour un mec hyper sympa, hyper ouvert et m'a t-on dit hyper généreux !

Lamaze, de zéro à héros

Nouveau champion olympique, le Canadien a connu le pire avec notamment la drogue, avant le meilleur, il y a un mois à Hongkong.

Une vie comme celle du Canadien Eric Lamaze est d’ordinaire celle d’un boxeur ou d’un champion d’une discipline au recrutement essentiellement effectué dans les milieux pudiquement baptisés " socialement difficiles ". Un destin loin, très loin même de l’image habituelle véhiculée par le saut d’obstacles, celle de cavaliers nés avec une cuillère en argent dans la bouche, " fils ou fille de ". Né de père inconnu, élevé par sa grand-mère en l’absence d’une mère échouée en prison pour trafic de drogue, le Canadien a vécu une enfance pour le moins chaotique, du côté de Montréal. Le tennis, dans un premier temps, aurait pu lui offrir une belle carrière. Mais encouragé par des amis, le jeune Eric, à peine quatorze ans, découvre l’équitation. Les chevaux deviennent aussitôt sa passion, puis sa vie. " J’ai commencé tout en bas de l’échelle, comme groom, se souvient-il. Je travaillais des chevaux que personne ne voulait monter puis j’ai enseigné à des débutants. " En 1992, il participe à ses premiers Grand Prix et intègre un an plus tard l’équipe nationale. Les choses vont vite se compliquer.

En 1996, Lamaze subit un premier contrôle positif à la cocaïne. Une suspension de quatre ans, réduite ensuite à sept mois, le prive des Jeux d’Atlanta. Quatre ans plus tard, le revoilà dans une sale affaire. Un nouveau test antidopage révèle la présence d’éphédrine et de pseudoéphédrine, deux stimulants. Cette deuxième infraction le suspend cette fois… à vie. La sentence tombe le 18 août, deux jours avant qu’une commission accepte ses explications et le blanchisse. Entre-temps, abasourdi par la sanction, il goûte à nouveau à la cocaïne et se fait contrôler dix jours plus tard. Le jury accepte sa dépression comme une " circonstance exceptionnelle " prévue par le règlement et le réintègre. Fin de la galère et début de la belle histoire.

A quarante ans, Lamaze est aujourd’hui à la tête du plus gros complexe équestre nord-américain, à Toronto. Pendant qu’il sillonne la planète, plusieurs cavaliers dont Marie Hécart, la fille de Michel Hécart, travaillent pour lui et montent les 66 chevaux présents dans ses écuries. Hickstead, son partenaire olympique, un cheval néerlandais de douze ans acheté en Belgique, aiguise l’appétit de nombreux gros éleveurs désireux de produire la semence de cet étalon en or qui vaut aujourd’hui des millions. " Il n’est pas à vendre ", prévient tout de suite son cavalier dans un grand sourire. Un sourire et une joie affichés en permanence, " à l’Américaine ". " Depuis un mois, tout est incroyable, explique-t-il. C’est en rentrant au Canada que nous avons pu constater l’impact de ma médaille mais aussi de l’argent obtenu dans la compétition par équipes. Cela faisait 32 ans que l’on attendait ça (Michel Vaillancourt en argent en 1976). Et puis, avoir une médaille avec Ian Millar, notre héros, qui disputait ses neuvièmes Jeux olympiques, c’est aussi une grande fierté. Partout, nous sommes reçus comme des rois. Mais il m’a fallu du temps pour réaliser. Dans les jours qui suivent, tu fais plein de choses et tu ne te rends pas compte. Et puis à un moment, tu te poses cinq minutes et là, ça te tombe dessus et tu comprends que ce qui se passe est incroyable. "

Incontestablement le meilleur cavalier sur les nombreux tours des épreuves olympiques de Hongkong, Lamaze a parfaitement su exploiter tout le potentiel de son cheval. " Avant de l’acheter, il y a cinq ans, je l’avais essayé deux fois et je me suis tout de suite senti bien dessus, éclaire-t-il. Depuis trois ans, il réalise des concours formidables. Mais j’ai aussi eu la chance dans ma vie de rencontrer des gens extraordinaires. Notamment dans mes périodes difficiles. Quand vous accordez une seconde chance aux gens et leur permettez d’apprendre de leurs erreurs, de grandes choses surviennent. C’est facile quand tu es grand d’écraser un petit dans la misère pour te sentir encore plus grand. Mais en réalité, c’est quand on aide un petit que l’on devient plus grand. Sur le podium, tout cela m’est revenu à l’esprit. Cette médaille est aussi la leur. Je suis aujourd’hui très heureux de ma vie, heureux d’avoir réussi à remonter la pente. Même sans cette médaille, j’aurais été fier de ça, fier d’avoir retrouvé le haut niveau et de d’avoir disputé les Jeux olympiques. Ce titre olympique, je l’ai désormais pour la vie. "

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Greg
Le second papier, un peu plus court évoque le triathlète Grégory Rouault de Poissy.

Rouault, un pari pour l’avenir

Révélation de la saison, Grégory Rouault se projette déjà vers les Jeux de 2012.

Grégory Rouault est peut-être l’avenir du triathlon français. Un statut étonnant pour un athlète déjà âgé de vingt-huit ans. Le sociétaire de Poissy est il est vrai un tout nouveau dans le monde du triple effort. Parti aux Etats-Unis après son bac en 1999 pour rejoindre l’université d’Oklahoma State et poursuivre de brillantes études, le Français s’est finalement décidé l’an dernier à revenir en France. " J’étais business analyst dans une société américaine, raconte Rouault, éminent membre de l’équipe d’athlétisme de son université. Je bossais 50 à 60 heures par semaine et ne pouvais m’entraîner que 10 ou 15 heures, et sans coach. Je faisais un peu tout à l’arrache. Maintenant tout se passe de façon géniale à Poissy. Je continue à travailler pour ma société mais à mi-temps et à domicile. C’est important pour mon équilibre. "

Et la recette fonctionne. Présent dans le top 10 de tous les Grands Prix de la saison, vainqueur en juillet de la Coupe d’Europe de Poznan, son premier gros succès international si l’on excepte son titre de " champion du monde 25-29 ans " 2006 à Lausanne sous les couleurs américaines, il sera une fois de plus dans l’équipe pisciacaise aujourd’hui à La Baule mais surtout la semaine prochaine à Lorient pour son baptême en Coupe du monde sous le maillot de l’équipe de France. Une étape de plus pour un triathlète au profil de coureur idéal (29’ au 10km) dans l’évolution d’une discipline où la différence se fait le plus souvent sur la course à pied. " Il est tout frais, note son coach. Et surtout, il a l’envie. Il a encore beaucoup de choses à développer mais il peut déjà bousculer les meilleurs. " " Je ne me mets aucune pression, prévient Rouault. Je sais d’où je viens, je sais où j’en suis et je sais tout le travail qu’il me reste à faire. " Cet été, il faillit même s’emparer du titre de champion de France. Il s’en fallut de trois kilomètres. Pour ne pas s’être suffisamment hydraté, il fut soudainement paralysé par des coliques néphrétiques. " Je fais des bêtises mais ça fait partie de l’apprentissage, confie-t-il. Le truc c’est d’essayer de ne pas les faire deux fois. Quand j’ai parlé pour la première fois à Boris, je lui ai tout de suite dit qu’il allait avoir à faire un junior ou un cadet. Tout est nouveau pour moi. J’ai beaucoup à apprendre. Mais l’objectif est clairement d’aller aux Jeux de Londres avec mon petit frère. " C’est que la famille est douée. Le petit frère, c’est Sébastien, membre de l’équipe de France de natation à Pékin sur 400 et 1500m. " C’est un projet de quatre ans. Je n’en suis qu’au début et beaucoup de travail devant moi. " Quatre ans pour écrire une belle histoire de famille.

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